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Diaspora

Mot grec signifiant « dispersion » et qui désigne le phénomène historique de la dispersion des Juifs dans le monde. Le mot hébreu le plus proche - GaLouT - signifie « exil » ; il évoque la nostalgie des origines, indissociable de l’espérance du retour.

La diaspora est consécutive à la déportation à Babylone après la chute du premier Temple. Puis, lorsque la Judée a fait partie des conquêtes d’Alexandre le Grand, les Juifs se sont répandus dans les autres ré­gions hellénisées, ajoutant aux communautés d’Égypte et de Babylonie celles de Syrie et d’Asie Mineure. Au 11e siècle avant notre ère, les rela­tions diplomatiques établies avec Rome ont favorisé l’essaimage des communautés dans l’Empire. Ce qui peut expliquer les différentes langues parlées par les disciples le jour de la première Pentecôte (cf. Actes des Apôtres). Par la suite, la diaspora s’est encore étendue, au fil des échanges commerciaux, et des persécutions en Europe - du Moyen-Age à l’avènement du national-socialisme.

Le sionisme politique, qui vise à recentrer la judéité, n’a pas mis fin à la dispersion. Il l’a seulement, par certains côtés, marginalisée. La dia­spora a donné lieu à une grande variété de phénomènes (dont le Christianisme) qui ont nourri ou marqué la vie juive jusqu’à nos jours :
- culturels : naissance du Judaïsme proprement dit, et cristallisation du messianisme en Babylonie au -VIe s., traduction en Égypte et diffusion du TaNaKh au -IIe s. Talmud de Babylone, Kabbale en Espagne et en Provence au XIIIe S. , Hassidisme en Pologne au XVIIIe s., Haskala (lu­mières) en Europe occidentale au XIXe s.
- politiques : révoltes contre Trajan au IIe s. dans tout l’Empire romain , sioniste politique au XIXe en Europe orientale et en Russie,
- sociaux : administration de la communauté et institutions (religieuses , caritatives, de défense et sécurité) dont le fonctionnement est, grosso modo, toujours en vigueur.

Dans la pensée biblique et juive traditionnelle, l’exil et la dispersion sont souvent présentés comme une conséquence des fautes d’Israël (infidélité à l’Alliance, ritualisme - au détriment de la responsabilité éthique). Pour le mysticisme de la Kabbale , ce sont des symboles de la condition humaine et de son évolution. Depuis la Shoah , la diaspora est per­çue par nombre de Juifs comme un lieu d’insécurité, malgré leur instal­lation souvent multiséculaire. Si elle est le partenaire naturel de l’État d’Israël, la diaspora est considérée par une frange non négligeable de Juifs israéliens comme une anomalie et un anachronisme. Les mots « GoLaH » et « GaLouT » ont une connotation plus péjorative que « dia­spora » dans l’opinion ou la littérature israélienne, et stigmatisent les Juifs qui ne songent pas à revenir en Israël.

A.-M. D.