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Le camp des Milles

Il y avait aussi des camps de concentration en France : Beaune-la-Rolande, Gurs, Les Milles à côté d’Aix-en-Provence et bien d’autres. De nombreuses victimes du nazisme, juives et non juives y ont été emprisonnés, souvent en transit vers les camps de la mort.
Robert Kaufmann, président de l’AJCF de Marseille, a assisté à la commémoration au camp des Milles le 27 janvier 2012 lors de la Journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah.

A lire : une présentation du camp des Milles, son témoignage et un reportage dans la presse locale.

 Le camp des Milles

Le camp des Milles (Bouches-du-Rhône) était un camp d’internement français, ouvert en septembre 1939, dans une usine en faillite, la briqueterie, qui appartient à la Société des Tuileries de la Méditerranée, fermée depuis un an, au hameau des Milles (commune d’Aix-en-Provence). Il servit d’abord de camp d’internement pour des ressortissants allemands, en 1939, mêlant d’authentiques nazis et des réfugiés allemands, souvent juifs. Le gouvernement de Vichy y interna ensuite des juifs, qu’il livra aux autorités nazies.
II fut le plus important du sud-est de la France, gérant d’autres camps de transit ou de travail (Aies, Manosque, Les Mées, etc.).

Aux Milles, le 15 juillet 1942, Dannecker, chef de la section anti-juive de la Gestapo, recense 1 192 Juifs "déportables". Le 3 août, le camp est bouclé et occupé par 170 gardes mobiles pour prévenir toute évasion.

Le 11 août, le premier convoi quitte Les Milles pour le camp d’internement de Drancy avec 262 détenus triés par l’intendant de police Rodelec du Porzic. Arrivés à Drancy le 12 août, 236 d’entre eux partent en déportation le 14 août pour le camp d’Auschwitz.
Le 13 août, 538 Allemands, Autrichiens et Polonais quittent le camp des Milles. Leur convoi atteint Drancy le 14. Ils sont 301, le 17 août, à en partir pour Auschwitz par le convoi n°20. Les autres suivent, le 19 août.
Le 23 août, 134 membres des Groupements de Travailleurs Étrangers quittent Les Milles pour arriver le 25 août à Drancy.

A la suite de la rafle du 26 août, 1 200 Allemands, Polonais, Autrichiens et Russes sont rassemblés aux Milles. 574 d’entre eux (dont 54 enfants) sont envoyés le 2 septembre vers Drancy où ils arrivent le lendemain. 488 en partent pour Auschwitz le 7 septembre, 70 autres le 9 septembre.
450 internés, le 10 septembre, et 263 le jour suivant, sont transférés des Milles vers Rivesaltes. Le 14 septembre, tous continuent vers Drancy. Le 16 septembre, 571 d’entre eux partent pour Auschwitz.
Par la suite, quelques convois vont partir du Sud-Est, notamment de Marseille, vers d’autres camps comme ceux de Gurs ou de Noé.
Au total, plus de 2 000 Juifs ont ainsi été transférés du camp des Milles à celui de Drancy.
Le 4 décembre 1942, après l’occupation de la zone libre, le camp est réquisitionné par la Wehrmacht. 170 internés qui s’y trouvaient encore sont transférés à La Ciotat. Le 15 mars 1943, le camp est définitivement fermé et transformé en dépôt de munitions.

Source : site Chemins de mémoire

 Deux commémorations, à Marseille et à Aix par Robert Kaufmann, Président de l’AJCF Marseille

22 et 27 Janvier 2012 , deux commémorations émouvantes : la rafle de Marseille (1943) et le camp de déportation des Milles pour la Journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah.

A lire sur le site AJCF Provence

 Le mémorial du Camp des Milles va ouvrir en juin

Source  : Maritima
Publié le : 28/01/2012 à 11h59Par D.Cismondo

La cérémonie marquant le 70ème anniversaire des déportations de la zone non occupée a eu lieu hier après midi devant le Camp des Milles. L’occasion pour la fondation du Camp des Milles de confirmer l’ouverture du site mémorial en juin prochain. L’ouverture du site-mémoire du Camp des Milles va marquer l’aboutissement de 30 ans de travail pour Alain Chouraqui, le président de la Fondation du Camp des Milles, et tous ceux qui se sont battus pour que ce site devienne un lieu de mémoire. Pour Alain Chouraqui : "le site va être un lieu de transmission, un lieu témoin qui prendra le relais pour éclairer le présent et l’avenir, à partir de l’expérience précise du passé et l’expérience précise de comment les choses ont pu arriver, et comment faire pour qu’elles n’arrivent plus à nouveau."

Le site mémoire du Camp des Milles est, selon la Fondation : le seul grand camp français encore intact et accessible au public, et l’un des rares lieux témoins en Europe qui raconte l’histoire tragique des internements et des déportations durant la seconde guerre mondiale. Entre 1939 et 1942, le Camp des Milles a connu un engrenage tragique d’internements d’étrangers et d’antifascistes de 27 nationalités, pour devenir finalement une antichambre d’Auschwitz avec la déportation de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants juifs dans le cadre de la Shoah.

Selon les responsables de la Fondation : "Le site mémorial a été conçu principalement pour les jeunes, non seulement comme un musée d’histoire et un lieu de mémoire préservée... Il se déploie dans 15 000 mètres carrés de locaux sur un espace de 7 hectares. Le parcours va débuter par un rappel de l’histoire, celle du camp et de son contexte historique. Une collection, confié par Serge Karsfeld à la fondation, est présentée avec des centaines de documents rares sur les enfants juifs déportés de France. Dans le Camp, toutes les productions artistiques réalisées sur les murs par les internés, ont été restaurées et seront ouvertes au public. Le parcours prendra fin devant le "Mur des actes justes". Il va montrer la variété des actes de résistance des hommes et des femmes de l’époque. Le site intégrera bien sûr le Wagon- Souvenir et la stèle commémorative déjà installés à proximité depuis 1992.

A visiter : Camp des Milles : un mémorial pour l’avenir

RV