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Trois questions à un(e) président(e) de groupe AJC

"Trois questions à un(e) président(e) de groupe AJCF".

Le comité directeur de l’AJCF propose une nouvelle rubrique, destinée à permettre une meilleure information sur la vie des différents groupes locaux. Cette rubrique est conçue pour être alimentée par la réponse aux questions suivantes :
1-Vous êtes président du groupe d’Amitié Judéo chrétienne de XXXX.
Qu’est ce qui a motivé votre engagement dans le dialogue entre Chrétiens et Juifs ?
 
2- Pour incarner cette Amitié, dont votre groupe porte le beau nom et qui nous motive tous :
Quelles actions souhaitez-vous mener : acquisition de connaissances ? Temps de convivialité ? Recherche de partenariats ? Etablissement (ou renforcement) de relations avec les institutions chrétiennes et juives ? avec Israël ?... 

3- Au cours de l’année qui vient de s’écouler,
Quel a été votre plus grand souci ? votre plus grande joie ? Et pour l’avenir, qu’espérez-vous de ce dialogue entre Juifs et Chrétiens ?

Merci à Armand WiZENBERG, du groupe de Montpellier, qui, avec la complicité de sa présidente Simone BOUHERET, nous a envoyé le 1er ses réponses :

1 – Ce qui a motivé mon engagement personnel auprès de la section de Montpellier, il y a plus de 10 ans, c’est ma curiosité teintée de méfiance pour le monde chrétien et mon désir d’aller « y voir de plus près ». En tant que Juif d’origine polonaise, né en 1941, je considérais les Chrétiens, dans leur ensemble, comme structurellement hostiles aux Juifs. L’histoire récente (antisémitisme d’avant-guerre et extermination par les nazis) était là pour m’en convaincre mais je reconnaissais aussi qu’il y avait de très belles exceptions. De plus, par goût de la littérature et de la philosophie, j’avais été, depuis mon adolescence, un assez bon lecteur des Evangiles. Mon rapprochement de la section de Montpellier a donc été naturel.
 
2 – Les actions que je souhaite mener dans notre section sont bien celles que vous mentionnez et que je résumerais par ces mots qui sont à la base de notre programme depuis quelques années : « la culture dans la convivialité ». En effet, si nous visons exclusivement la culture et le militantisme, nous avons peu de monde à nos réunions. Il est donc impératif que nous abordions les sujets sérieux dans un contexte aussi informel et agréable que possible. Ainsi, nos conférences ou débats se terminent toujours pas un pot de l’amitié, lors de nos sorties, les repas sont donc un moment apprécié, et lors de nos voyages la visite de sites distrayants doit se combiner avec les visites de sites austères. Je précise que dans notre section il n’y a pas d’esprit de parti-pris et que tous les sujets peuvent être abordés ; les débats sur Israël ne posent pas problème.
 
3 – Le plus grand souci et la plus grande joie en 2019 ?
- mon plus grand souci, partagé par tout le conseil d’administration, est le manque de nouvelles adhésions. Nous avons tenté de nombreuses approches pour faire adhérer des étudiants, nos amis ou nos enfants... mais avec très peu de succès. Nous sommes un « noyau dur » d’environ 20 adhérents et nous n’arrivons à en rassembler le double qu’au prix d’une annonce de conférence exceptionnelle. De toutes façons, cela n’apporte pas de nouvelles adhésions. Certains d’entre nous pensent que la cotisation à 40 euros est un frein ; personnellement, je n’en suis pas convaincu.
 -Ma plus grande joie, également partagée par tous, est la qualité de nos rapports humains, l’absence de tensions quelles qu’elles soient, et notre désir de poursuivre notre petit bonhomme de chemin.
Pour l’avenir, et pour le dialogue judéo-chrétien, il me semble que nous n’avons pas de soucis à nous faire. Depuis les années 70, un immense travail a été accompli par le monde chrétien à l’initiative de pontifes éclairés, et par les pressions militantes des fondateurs de l’Amitié Judéo-Chrétienne. On serait tenté de dire que la « mission supérieure » de notre association a été accomplie et qu’il ne nous reste qu’un travail de veille ici ou ailleurs. Ailleurs surtout (Pologne, Roumanie...) car le populisme est porteur de certaines sinistres résurgences. Par contre, en France, l’antisémitisme actif que nous avions connu pendant des siècles, a pris une autre voie, qui ne concerne plus les chrétiens ...
Telles sont mes réponses à vos questions et je ne vois aucune objection à ce qu’il en soit fait état dans la « newsletter » ou ailleurs.
Avec toute mon affectueuse sympathie.
Armand