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Premières Impressions de la conférence de l’Amitié Judéo-Chrétienne Internationale (ICCJ) à Manchester du 1er au 5 Juillet 2012

par Michel Sternberg

Manchester célébrait cette année le 70ème anniversaire de la fondation, dès 1942, de l’Amitié Judéo-Chrétienne du Royaume Uni et de Manchester.

Deux témoins locales de cette fondation en pleine guerre, Myra Cohen (102 ans) et Barbara Aubrey (97 ans) ont été fêtées lors du dîner de gala au Club de « Manchester United ».

On célébrait aussi le 65ème anniversaire de l’Amitié Judéo-Chrétienne Internationale née en 1947 à Seelisberg. Le thème choisi pour la réunion convenait particulièrement à Manchester : « Nouveaux voisins, Nouvelles Opportunités. Les Défis du Multiculturalisme et la Responsabilité Sociale ». Une délégation française d’une dizaine de membres a participé à cette réunion, dont 3 jeunes de l’Association Coexister, arrivés en avance pour le précongrès du groupe de jeunes de l’ICCJ.

La réception d’ouverture à l’Hôtel de Ville de Manchester le Dimanche soir fut grandiose. C’est un membre du Conseil Municipal d’origine pakistanaise qui adressa le discours d’accueil de l’équipe municipale, en l’absence du maire en incapacité médicale temporaire. C’est l’actif Evêque Anglican de Manchester qui présidait et présentait les différents responsables religieux et communautaires.

Parmi les moments de méditation qui débutaient chaque journée de la réunion, le plus impressionnant fut celui du mardi présenté par 3 représentants du groupe des jeunes, un juif, une chrétienne et une musulmane qui ont lu successivement un texte de prière liturgique de leur confession respective.

Parmi les conférences plénières matinales sur le thème de la réunion, le Multiculturalisme et la Responsabilité Sociale, la plus percutante a été celle de Clive Lawton, co-fondateur du Limoud et spécialiste des media, qui a condensé en quelques phrases ses remarques. La boutade « Pas de noirs, de chiens ou d’irlandais » appartient au passé.
Le Prince Charles a déclaré : le roi ne devrait plus être le défenseur de LA foi,mais le défenseur de la liberté DE foi. La « tolérance » est un minimum minimorum ; il faut viser le respect, l’intérêt, la rencontre, le dialogue, l’implication, l’enthousiasme. Les généralisations sont dangereuses. Aux « melting pots » américain, israélien ou australien, il préfère le « salad bowl » anglais : les pesonnes ne se « fondent » pas si facilement, elles constituent plus facilement un « patchwork » de la diversité. Comme c’est l’habitude, à Clive Lawton a répondu le Dr Helene Egnell, de l’Eglise Luthérienne Suédoise. Pour elle, le Multiculturalisme n’est pas mort, il n’est tout simplement pas encore né.

Le lendemain, le conférencier principal fut le parlementaire John Denham.

Pour lui, ce n’est pas parce qu’ une chancelière ou un président déclarent que le multiculturalisme est mort, que cela correspond forcément à la réalité. La société change continuellement et la diversité constitue un avantage.

Parmi les 25 ateliers par petits groupes, deux ont retenu particulièrement mon attention : d’abord un atelier de lecture et interprétation scripturaire multiconfessionnel avec l’étude de 3 textes sacrés concernant l’argent : Lévitique 19, 9-18 animé par le Rabbin Ehud Bandel ; Matthieu 18, 23-35, animé par Lynne Scholefield ; Coran, sourate 2, 274-283, animé par Atif Imtiaz. Ce fut une excellente application du point 9 de Berlin : « encourager l’éducation interreligieuse et interculturelle,….. en particulier l’étude mutuelle de textes religieux….  ». Le second atelier fut justement celui qui portait sur les 12 Points de Berlin, animé par la présidente de l’ICCJ, Deborah Weissman. Je lui avais communiqué précédemment lors d’une réunion les principales remarques de groupes francophones d’Amitié Judéo-Chrétienne de Belgique, Suisse, Italie, Canada, Allemagne et France. Je les avais enregistrées sur le « forum » du site internet de l’ICCJ (iccj.org). Deborah Weissman a développé certaines remarques et en particulier une toute récente concernant le point 10 qui peut poser problème : « exiger l’égalité des droits pour tous les personnes, indépendamment de leur religion, genre ou orientation sexuelle. » Cette dernière caractéristique pourrait s’extrapoler jusqu’au mariage ou l’adoption accordés aux homosexuels. Or ce point de vue est à discuter suivant la situation locale. Une version améliorée des 12 points est prévue dans quelques années. Il serait peut-être souhaitable d’en fixer l’échéance.

Parmi les visites de sites religieux et interreligieux qui caractérisent les réunions de l’ICCJ, c’est la découverte de la vie juive à Manchester qui a retenu mon attention : on nous a montré une synagogue et un foyer du quartier juif, le musée juif. On pouvait remarquer sur une plaque de la synagogue la prière pour le Royaume-Uni et la famille royale. Nous avons ensuite été chaleureusement reçus à dîner par la communauté juive dans l’Ecole Juive du Roi David.

A l’Assemblée Générale statutaire de l’ICCJ, Liliane Apotheker a présenté le projet de conférence annuelle de l’ICCJ en 2013 à Aix-en-Provence qui se tiendra à La Baume-les-Aix du 30 juin au 3 juillet 2013.

Elle sera suivie le 4 juillet par la assemblée générale de l’AJCF sur le même site enchanteur.