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16 juillet : Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France- 17 Juillet : Manifestation anti pass sanitaire à Paris

L’actualité de cette mi-juillet 2021 nous incite à vous proposer en plus de l’éditorial mensuel de Jean-Dominique Durand, président de l’AJCF, le texte de la tribune à Radio J du 21 juillet de Richard Prasquier, ancien président du CRIF.

Éditorial du 16 juillet de Jean-Dominique Durand.
16 juillet : Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France
Chaque année, le 16 juillet, nous nous inclinons devant les victimes des crimes racistes commis par le gouvernement dit de Vichy, femmes et hommes, enfants et vieillards emportés par des rafles organisées par les autorités françaises dans l’été 1942 à travers tout le pays, et notamment à Paris les 16 et 17 juillet 1942. 13.152 personnes, de tous âges et de toutes conditions, furent arrêtées par la police française pour la seule raison qu’ils étaient juifs. Nous avons tous en mémoire les images terribles de ces alignements d’autobus de la RATP, réquisitionnés pour conduire ces malheureux au Vélodrome d’Hiver, le célèbre Vel d’Hiv. Ils y furent entassés dans des conditions atroces, avant d’être déportés à Auschwitz.

Le 16 juillet 1995, pour la première fois, le Président de la République Jacques Chirac, reconnut les responsabilités françaises à l’occasion du 53° anniversaire de la rafle du Vel’ d’Hiv :
Ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, secondée par l’État français. .

Pour lui, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Il rappelait aussi que la rafle fut, dit-il, le point de départ d’un vaste mouvement de résistance de nombreuses familles françaises, des Justes qui sauvèrent de nombreux juifs , comme pour montrer que l’abjection, la lâcheté, la haine, pouvaient être compensées par la générosité, le courage, l’amour des autres et notamment des persécutés. En 1997, il revenait sur le sujet :
Mais, si le mal doit être reconnu, le bien ne doit pas être méconnu. Aux heures les plus noires, la noblesse et l’espérance continuaient de vivre. Elles étaient dans le cœur, aussi et surtout, de tous ces Français anonymes, ces Justes parmi les Nations.
- Lire le texte entier de l’éditorial du 16 juillet 2021 de Jean-Dominique Durand

Tribune à Radio J de Richard Prasquier, 21 juillet 2021
Pass sanitaire, pass nazitaire. Bêtise ou problème de civilisation ?
Dans une manifestation contre le pass sanitaire on pouvait lire : « Prochaine étape, la rafle des non-vaccinés ». Le crétin qui arborait cette pancarte savait-il que le lendemain aurait lieu la cérémonie en hommage aux victimes des rafles du Vel d’Hiv ? Connaissait-il le destin de ceux qui furent raflés et imaginait-il que son sort à lui pourrait être analogue ? A-t-il été surpris, ou honteux, ou narquois devant l’indignation de Joseph Swarc, qui, montrant une feuille représentant une étoile jaune marquée de la mention « sans vaccin » a dit, que l’étoile jaune, lui, il savait ce que c’était, car il l’avait dans la chair ?

Il est inutile, ici, de souligner la différence entre étoile jaune et pass sanitaire. Pass sanitaire, pass nazitaire : pour le plaisir de la rime, on invente un mot et on écrit une ignominie.
Est-ce que cela prouve, comme certains le disent, que l’enseignement de la Shoah a été défaillant ? Je ne crois pas.
Est-ce que cela prouve, comme certains le disent, que l’enseignement de la Shoah a été défaillant ? Je ne crois pas.

Je pense que le problème est plus profond. Comparer le pass sanitaire à l’étoile jaune, c’est s’engager dans des « faits alternatifs ». La conseillère de Trump qui avait lancé l’expression pour justifier un mensonge sur le public présent à la cérémonie d’investiture entérinait une pratique déjà décrite par George Orwell dans son maître-livre, 1984. Sous la caution des philosophes post-modernistes, la réalité virtuelle, l’accès généralisé à des informations non contextualisées et l’entre-soi des réseaux sociaux ont légitimé les fantasmes complotistes et abouti à la notion de post-vérité. Au siècle dernier, les mensonges étaient collectifs, publicitaires ou idéologiques, mais prétendaient refléter une vérité qualifiée de scientifique. Aujourd’hui, c’est la notion même de vérité qui a explosé. Ce qui est vrai, c’est ce qui m’apporte du sens ou qui m’est utile, à moi ou au groupe dont je me revendique.

- Lire le texte de Richard Prasquier ; Tribune à Radio du J-21 juillet 2021
Photo de Richard Prasquier par_Claude_Truong-Ngoc_mars_2016