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« Sur la terre comme au ciel », la traduction en français du livre du cardinal Bergoglio et du Rabbin Skorka

Après l’élection du pape François le 13 mars 2013, les éditeurs se sont précipités pour sortir des traductions en français (et dans d’autres langues) des livres écrits par le Cardinal Jorge Bergoglio.

Celui qui nous intéresse ici est la traduction d’un livre paru en 2010 issus d’entretiens avec le rabbin Abraham Skorka de Buenos-Aires.

Remarques, présentation de l’ouvrage, extraits, avis ...etc.

Remarques :

- La traduction correcte en français du titre en espagnol Sobre el cielo y la tierra est A propos du ciel et de la terre.
Mais le titre choisi pour l’édition française « Sur la terre comme au ciel » est plus vendeur car il rappelle la prière du Notre Père aux oreilles chrétiennes. Et qui correspond à l’espagnol « en la tierra como en el cielo ». Or le livre n’est en rien un commentaire du Notre Père.
- Le choix de l’image de couverture est de même une tromperie et un anachronisme : on y a mis, et dans toutes les rééditions, une photo du nouveau pape alors que le livre date de 2010 et qu’il n’est pas du pape mais du cardinal Bergoglio et du Rabbin Skorka. C’est faire peu de cas de l’apport de ce dernier.
- La traduction du titre en anglais est plus juste On Heaven and Earth, mais les couvertures du livres sont aussi trompeuses : la photo du pape et même le nom Pope Francis en gros, comme si c’était le seul auteur.
- Cela n’enlève rien à la qualité du livre lui-même, écrit en 2010, et sur l’échange entre le Cardinal Bergoglio et le rabbin Skorka sur des sujets de société.
- On peut seulement se méfier des traductions faites à la hâte avec sûrement de nombreuses erreurs.

Edition originale "Sobre el cielo y la tierra" , 2010

Pour ceux qui lisent l’espagnol, ils peuvent commander la réédition de la version originale sur Amazon

Et lire un commentaire et des extraits sur un site argentin.

« Sur la terre comme au ciel »

Jorge Bergoglio et Abraham Skorka

traduit de l’espagnol par Abel Gerschenfeld et Anatole Muchnik,
Éd. Robert Laffont, 240 p., 16,90 €.
Date de publication de l’édition française : 16 mai 2013

Présentation de l’Éditeur : Le premier livre pour comprendre les grands axes de la pensée du nouveau chef de l’Église catholique.

Mercredi 13 mars 2013, l’Argentin Jorge Bergoglio, 76 ans, a été élu pape. Il succède à Benoît XVI.
Sur la terre comme au ciel, conversation entre le pape François, alors qu’il était encore le cardinal Jorge Mario Bergoglio, et le rabbin Abraham Skorka, est certainement la meilleure façon de connaître le nouveau pontife.

Dans ce passionnant dialogue placé sous le signe de l’humilité, de la simplicité et de l’ouverture, le pape et son interlocuteur abordent tous les grands thèmes spirituels, sociétaux, philosophiques et moraux. Ces deux importantes figures religieuses débattent ici de sujets tels que Dieu, le Diable, le fondamentalisme, l’athéisme, la mort, la Shoah, mais aussi de sujets profondément d’actualité comme l’homosexualité, l’avortement, l’euthanasie, le capitalisme, l’argent, la mondialisation...

Jorge Mario Bergoglio est né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, dans une famille modeste. Il intègre la Compagnie de Jésus à 22 ans et, quatorze ans plus tard, il est élu responsable national des Jésuites argentins. Le 20 mai 1992, Jean-Paul II le nomme évêque d’Auca et évêque auxiliaire de Buenos Aires. Il grimpe alors les échelons de la hiérarchie catholique de la capitale, et revêt finalement la pourpre cardinalice le 21 février 2001.
Le Mercredi 13 mars 2013, l Argentin Jorge Bergoglio, 76 ans, a été élu pape

Abraham Skorka est né le 5 juillet 1950 à Buenos Aires. Docteur en chimie, il enseigne la littérature biblique et rabbinique au Séminaire latino-américain de Buenos Aires, dont il occupe également le rectorat. Il est le rabbin de la communauté juive Benei Tikva.

Commentaire de La Croix :
« Un jour, nous avons pris rendez-vous dans le seul but de discuter. Nos rendez-vous se sont multipliés, chacun autour d’un thème particulier. » Le rabbin Abraham Skorka explique ainsi la naissance du livre d’entretiens avec le cardinal Bergoglio devenu pape le 13 mars et ce dernier affirme qu’il « considère Skorka comme un frère et un ami ».

A lire également :

Extrait du chapitre 1 du livre, intitulé « Au sujet de Dieu ». Traduction en français de Zenit d’après la traduction anglaise !

À Buenos Aires, le dialogue interreligieux passe par l’amitié

Extraits de l’article de Claire Lesegretain, La Croix, 15/5/13

Quand il était archevêque de Buenos Aires, le pape François avait noué de solides amitiés avec des juifs et des musulmans et contribué à créer l’Institut de dialogue interreligieux.

« Notre grand-père nous avait dit qu’il avait un ami cardinal mais nous ne l’avions pas cru », plaisante Luis Liberman, juif non-pratiquant marié à une catholique. C’est pourtant grâce à son grand-père émigré de Pologne, que Luis a connu le cardinal Jorge Mario Bergoglio. En 2004, le grand-père demanda instamment à son petit-fils de prévenir l’archevêque de Buenos Aires quand il serait mort… Deux jours plus tard, le grand-père décédait. Luis Liberman prit alors contact avec le cardinal qui lui apprit que son grand-père et lui entretenaient une relation d’amitié depuis les années 1990, quand le P. Bergoglio visitait des personnes âgées.

Luis a prénommé son fils aîné Ignace… Et après la naissance, le 16 février dernier, de sa fille Sophie, le cardinal est venu voir son épouse à la clinique. « C’était peu après la démission de Benoît XVI ; il nous a expliqué qu’il allait devoir partir à Rome pour le conclave. En l’écoutant, j’ai eu l’intuition qu’il ne reviendrait pas. »

« À l’époque, je travaillais à la direction de l’éducation pour la ville de Buenos Aires et Bergoglio m’a proposé de réfléchir avec lui à la crise éducative et à l’amélioration des études », poursuit Luis Liberman, qui dirige aujourd’hui l’Institut Aduba pour la formation permanente des enseignants universitaires.

« Pour le cardinal Bergoglio, le dialogue interreligieux devait d’abord être pratique et concret plutôt que théologique, car nous risquions sinon de nous heurter dans nos croyances respectives », explique Omar Abboud en soulignant que des liens d’amitié se sont ainsi créés.

« Qu’on soit juif, protestant ou musulman, avec Bergoglio, nous nous sentions tous unis dans nos différences », ajoute Luis Liberman. C’est ainsi qu’en 2005, la Délégation juive d’Argentine et le Centre islamique argentin (dont Omar Abboud était alors le secrétaire général) signèrent avec le cardinal Bergoglio une déclaration commune contre toute forme de fondamentalisme.

En 2006, juifs et musulmans fondaient ensemble, avec le soutien de l’archevêque de Buenos Aires, l’Institut de dialogue interreligieux, qui organise une cinquantaine de conférences ou rencontres par an et se mobilise ponctuellement lors d’événements importants.

Ainsi en novembre 2012, alors que les tensions étaient à nouveau vives entre Palestiniens et Israéliens, le cardinal Bergoglio a invité les musulmans, les juifs mais aussi les grecs-orthodoxes et les protestants à prier pour la paix dans la cathédrale. « Il a eu des paroles très fortes », rappelle Omar Abboud en insistant sur le fait que l’ancien archevêque aimait parler de « dialogue préventif » comme d’autres parlent de guerre préventive.

Source : Site La Croix