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Chofar

Trompe creusée dans une corne de bélier, de bouc, de gazelle ou d’an­tilope, qui servait à l’époque biblique aux commandements militaires et aux convocations sacerdotales lors des néoménies, des années jubilaires ou des fêtes. Il reste aujourd’hui l’instrument liturgique des fêtes austères et, dans l’État d’Israël, de certaines cérémonies officielles.

En-deçà de la parole, voire de la pensée, l’appel lancé par le chofar est un son primordial, un souffle. Le son du chofar a retenti pour la première fois lors de la Révélation du Mont Sinaï (Ex. XIX, 16-19). L’ultime sonnerie annoncera la venue du Messie (Zac. IX, 14). Dans les deux cas, il accompagne un dévoilement.

Pour Roch Hachana (le Nouvel An juif), chacun doit entendre la corne de bélier ( Lév. XXIII, 24). La référence au bélier sacrifié à la place d’Isaac est en effet l’un des leitmotive de la fête : de même que la miséricorde divine a protégé Isaac, de même puisse-t-elle sauver Israël au jour où chacun de ses enfants se présente devant le Juge suprême.

Le chofar trouve sa place privilégiée aux jours du jugement (Roch Hachana) et du pardon ( Yom Kippour ) car ses sonneries expriment à la fois l’ébranlement intime, la brisure par rapport au passé, bref, la dynamique de la libération intérieure face à tous les déterminismes. De plus, son nom vient d’une racine (Ch FR) qui donne l’idée d’amélioration, d’embellissement - précisément ce à quoi tend celui qui se remet en question et veut s’amender.

A-M D.