Éditorial de Jean-Dominique Durand
Le 13 avril 1986, le pape Jean-Paul II faisait une visite historique à la Grande Synagogue de Rome, où il fut accueilli par le Grand Rabbin Elio Toaff. On peut dire que ce fut pour ce pape voyageur, le déplacement tout à la fois le plus court, deux mille mètres à franchir, une vingtaine de minutes à pied, mais le plus long et le plus difficile à effectuer, près de deux mille ans d’hostilité à surmonter. Cette visite a constitué un événement majeur dans l’histoire des relations entre juifs et chrétiens.
Le Pape prononça alors un discours mémorable1, rappelant avec la Déclaration conciliaire Nostra Aetate, le « lien » puissant qui unit le christianisme et le judaïsme. Mais il alla au-delà, avec son sens de la formule, par laquelle il savait exprimer sa conviction profonde : « La religion juive ne nous est pas extrinsèque, mais d’une certaine manière, elle est intrinsèque à notre religion. Nous avons donc envers elle des rapports que nous n’avons avec aucune autre religion. Vous êtes nos frères préférés et, d’une certaine manière, on pourrait-dire nos frères aînés.
La mémoire collective a retenu, à raison, ces fortes expressions, faites pour secouer les esprits et les mentalités. Mais son discours mettait en avant quatre autres considérations.
Jean-Paul II estimait que dans leur volonté de se rencontrer, l’Église et la Synagogue,
conscientes des « liens » qui les unissent, se sont engagées sur une route qui serait longue, elle « n’est encore qu’à ses débuts ». Il reconnaissait la judéité de Jésus de Nazareth, « fils de votre Peuple, dont sont issus aussi la Vierge Marie, les apôtres et la majorité des membres de la première communauté chrétienne. » Jules Isaac ne disait pas autre chose dans Jésus et Israël.
Auteur : Jean Rouaud
Éditeur : Gallimard
Collection : Blanche
Date de parution : Février 2026
Présentation de l’éditeur
La maison imaginaire, celle dont nous avons hérité, procède d’un Livre : la Bible, présente à chaque instant de nos vies, avec la part visible de son héritage — l’exubérance des cathédrales, les innombrables marques qu’elle a laissées dans notre langage et dans nos modes de pensée, les milliards de représentations que les artistes en ont tirées.
De son éducation religieuse, Jean Rouaud a appris à lire les images : ce Christ glorieux qui au fil des siècles se fait de plus en plus souffrant, de plus en plus humain, rendant de moins en moins crédible sa sortie de la mort. Mais il faut compter aussi avec la part invisible, à savoir la dette contractée envers le judaïsme qui a fait de nous ce que nous sommes. L’impossibilité de rembourser cette dette, nous dit l’auteur, a nourri de siècle en siècle, de bûchers en pogroms et jusqu’à sa mise en œuvre par les nazis, une volonté d’extinction du monde juif.
– La Maison imaginaire-Ramifications bibliques, France Culture -émission Talmudiques du 22 mars 2026
– La Maison imaginaire-La dette qui oblige, France Culture -émission Talmudiques du 29 mars 2026
Juifs et chrétiens se préparent à célébrer la fête de Pessah pour les uns, ou de Pâques pour les autres. Ces deux fêtes se déroulent dans la même période, elles n’ont pas la même signification mais elles portent ensemble la même espérance.
La fête juive de Pessah se déroulera de la veille du mercredi 1er avril (14 Nissan 5786) à celle de mercredi 7 avril en Israël, et jeudi 8 avril en diaspora.
Elle commence par la 1ère soirée de Seder où famille et amis se réunissent pour la lecture de la Hagada (histoire de la libération des hébreux de leur esclavage dans l’Egypte pharaonique), les traditionnels chants autour du repas accompagné de matsa (pain non levé) et les questions-réponses aux enfants dont le plus jeune demande habituellement : « En quoi cette nuit-ci est-elle différente des autres nuits ? »
Pâques, la fête de la Résurrection du Christ, est la plus importante des fêtes chrétiennes. Cette fête est célébrée par les catholiques et les protestants dimanche 5 avril, et chez les orthodoxes une semaine plus tard, après la longue préparation du Carême et les célébrations de la Semaine Sainte où la Passion du Christ est rappelée et est suivie de l’octave de Pâques, qui n’est pas sans rappeler les huit jours de Pessah.
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En ce moment, dans la vieille ville de Jérusalem, les lieux saints connaissent un silence inhabituel.
Le Kotel est fermé, l’accès à la Mosquée Al-Aqsa est très limité, et au Saint-Sépulcre, les offices des différentes confessions chrétiennes se poursuivent, mais avec très peu de fidèles.
La procession des Rameaux n’a pas eu lieu ce matin, et même le Patriarche latin s’est vu refuser l’accès à la Basilique de l’Anastasis.
Cette situation peut inquiéter, mais elle ne vise pas une religion en particulier.
Elle rappelle d’autres moments difficiles — pendant des conflits ou lors de la pandémie — où tous avaient été touchés de la même manière.
Aujourd’hui encore, juifs, chrétiens et musulmans partagent une même épreuve, celle de ne pas pouvoir prier librement dans ces lieux si chers à leur cœur.
Que cela ne nous divise pas, mais nous rapproche.
Portons-les tous dans notre prière, avec simplicité, et demandons humblement à Dieu le don de la paix.
Dimanche 29 Mars
Lundi Saint, 30 mars 2026
Le Patriarcat latin de Jérusalem et la Custodie de Terre Sainte confirment par la présente que les questions concernant la Semaine Sainte et les célébrations de Pâques à l’Église du Saint- Sépulcre ont été abordées et résolues en coordination avec les autorités compétentes. En accord avec la police israélienne, l’accès des représentants des Églises a été assuré afin de mener les liturgies et les cérémonies et de préserver les anciennes traditions pascales à l’Église du Saint-Sépulcre.
Naturellement, et à la lumière de l’état de guerre actuel, les restrictions existantes aux rassemblements publics restent en vigueur pour le moment. En conséquence, les Églises
veilleront à ce que les liturgies et les prières soient retransmises en direct aux fidèles de la Terre
Sainte et dans le monde entier.
Il y a 14 ans, à Toulouse, un terroriste islamiste frappait l’Ecole Ozar Hatorah. Jonathan Sandler, Arié et Gabriel Sandler, Myriam Monsonego : leurs jeunes vies ont été arrachées parce qu’elles étaient juives.
Ne jamais oublier leurs noms, leur visage, leur lumière.
Les années passent mais la douleur reste intacte.
Se souvenir, c’est refuser l’effacement. C’est aussi refuser aujourd’hui la banalisation de l’antisémitisme, d’où qu’il vienne et combattre sans relâche ceux qui le propagent.
La mémoire oblige. Elle nous engage. Plus que jamais.
Message sur X de Philippe Meyer président du Bnai Brith France
Conférences organisées par le groupe AJCF Paris Ouest de septembre 2024 à juin 2025 et dont les enregistrements pourront être visionnés en suivant les liens indiqués :
– Jules Isaac au temps de l’Affaire Dreyfus-Conférence de Carol Iancu
– Ecole et laïcité : le grand renoncement, la peur des professeurs-Inspecteur général Obin
– Deux étés 44 - François Heilbronn
– Les Juifs du pape, un oxymore ? L’histoire entre mythe et réalité-Conférence de Ariane Bendavid
Direction : Michèle Tauber, Jacqueline Cuche, Janine Elkouby
Éditeur : L’Harmattan
Collection : Monde juif et lumières du judaïsme
Date de parution : Février 2026
Ce volume contient les actes du colloque organisé à Strasbourg les 25 et 26 novembre 2024 pour célébrer le 150e anniversaire de la naissance de Edmond Fleg.
Ce colloque entendait faire redécouvrir la personnalité et l’oeuvre si riche de cet écrivain juif, qui fut l’un des principaux artisans du judaisme français dès l’entre-deux guerres et participa à la fondation de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France.
– Lire la présentation des actes, en entier
– Table des matières
Cette 5e journée nationale de lutte contre l’antisémitisme initiée par l’AJCF en association avec ses partenaires, et en hommage aux victimes de l’école juive Hozar Hatorah de Toulouse le 19 mars 2012, s’est déroulée le 11 mars 2026 entre 14 et 18H dans l’amphithéâtre du groupe scolaire Notre-Dame de Sion.
En plus des mots d’introduction par notre ami Richard Prasquier, Président d’Honneur du Crif et Prix AJCF 2015 qui accepté de la présider et des mots d’accueil et de conclusion de Jean-Dominique Durand, président de l’AJCF, elle fut marquée par les interventions de Marie-Laure Durand, Bibliste, chercheure en Théologie à l’ISTR de Marseille et Isabelle Raviolo, enseignante de Philosophie, écrivaine et artiste, la présentation de ...Comme un juif en France, la dernière BD "tendre et impitoyable" de Isabelle et Antoine Chéreau
Les 19 et 20 mai 2026 seront deux jours articulés autour d’un travail en petits groupes sur
Le sens de la permanence d’Israël, animé par Père Alexandre Comte
La terre, animé pa Sylvaine Lacout
Le contexte juif de l’écriture des évangiles, animé par P. Jean-Philippe Fabre
Ces journées auront lieu dans les locaux de la Missions Étrangères de Paris, 128 rue du Bac – 75007 Paris
Dans son numéro du 5 février 2026, Actuj publie un interview de Jean-Dominique Durand dans lequel il expose le sens de cette cinquième journée d’étude et de réflexion sur le combat contre l’antisémitisme, quatorze ans après le 19 mars 2012, où pour la première fois depuis 1944, des enfants juifs Gabriel et Arié Sandler et Myriam Monsonégo ont été assassinés dans leur école avec Jonathan Sandler.
La réception organisée par Nicolas Kassianides, Consul de France à Jérusalem, afin d’honorer le Frère Louis-Marie Coudray pour le Prix Hubert Heilbronn 2025 que l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF) lui a décerné, fut l’occasion de deux interventions affirmant, en un temps de violence et de fractures, l’importance du dialogue et de l’amitié.
– Lire l’article publié sur le site du CRIF, 19 janvier 2026