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Les dix jours redoutables

en hébreu ימים נוראים (yamim noraïm)

Les dix jours entre Rosh Hashanah et Yom Kippour

Par Loïc Le Méhauté, paru le mardi 26 septembre 2006 sur le site Un Echo d’Israël qui n’existe plus aujourd’hui.


Les deux journées de Rosh HaShana (Jour de l’An) marquent le début des dix journées de repentir qui s’achèvent à Yom Kippour, jour du Grand pardon.

Entre Rosh HaShana et le jour du Kippour s’étend une période de dix jours appelés jours redoutables. Le jugement de Dieu, sur l’homme, passé à Rosh HaShana n’est que temporaire comme il est écrit : « Cherchez l’Éternel pendant qu’il se trouve ; invoquez-le tandis qu’il est près. Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme d’iniquité ses pensées ; qu’il retourne à l’Éternel, qui aura pitié de lui, à notre Dieu qui ne se lasse pas de pardonner. » (Is. 55, 6-7).

Selon la tradition rabbinique, à Rosh ha-Shana, Dieu, Roi et Juge souverain prononce sa sentence, qui sera définitivement scellée à Kippour. Ces dix jours permettent donc à l’homme en « sursis » de faire une véritable repentance, Teshuvah (retour).

Pendant cette période nous assistons à des gestes de réconciliation entre les êtres humains car le jour de Kippour n’expie pas les fautes commises entre les hommes. Avant de demander et d’obtenir le pardon de Dieu il faut passer par une réconciliation entre l’homme et son semblable (Mishna, Yoma 8,9). Celui qui a offensé son prochain a péché doublement : contre son prochain et contre Dieu dont il a violé la Torah. De ce fait la prière doit être accompagnée de gestes concrets de repentance. Dans les prières de repentance, Selihot, on récite de nombreux textes bibliques invoquant le pardon de Dieu et sa longanimité : « O Dieu ! Aie pitié de moi dans ta bonté ; selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions ; lave-moi complètement de mon iniquité, et purifie moi de mon péché [...]. Purifie-moi avec l’hysope et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige [...] » (Ps. 51 : 3, 4, 9) ; « Du fond de l’abîme je t’invoque, ô Éternel ! Seigneur écoute ma voix ! Que tes oreilles soient attentives à la voix de mes supplications ! Si tu gardais le souvenir des iniquités, Éternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? Mais le pardon se trouve auprès de toi, afin qu’on te craigne. » (Ps. 130 : 1-4).

Le Shabbat entre Rosh ha-Shana et Yom Kippour est appelé Shabbat-Shuvah, (retour) qui tire son nom du texte de la Haftarah, (Osée 14), lu ce jour-là : « Israël, reviens à l’Éternel, ton Dieu, car tu es tombé par ton iniquité. Apportez avec vous des paroles, et revenez à l’Éternel. Dites-lui » Pardonne toutes les iniquités, et reçois-nous favorablement [...] ». L’homélie, Derashah, prononcée par le rabbin ce jour-là est une exhortation à la repentance. Une coutume qui a lieu avant le Kippour c’est le rite de Kapparot. Elle consiste à faire tourner au dessus de la tête de la personne repentante, une volaille. Pendant ce rituel la personne récite trois fois ces paroles : « Ceci est mon substitut, c’est mon échange, c’est mon expiation ; cette volaille va mourir, et je vais avoir une bonne et longue vie en paix. »

Cette cérémonie symbolique est une réminiscence des sacrifices du Temple, quand les animaux étaient sacrifiés portant les péchés du peuple.
Certains rabbins s’opposent à cette pratique qui aurait peut-être des racines païennes, et des tendances magiques.


Une autre explication sur Wikipedia

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