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Visite du mémorial de Rivesaltes et de la forteresse de Salses

Nous étions 27, dimanche 11 février, pour cette sortie en covoiturage. Avant de nous pencher sur les traces mémorielles du camp de Rivesaltes, nous avons bénéficié dans l’auditorium, d’un exposé historique, politique et philosophique d’un niveau exceptionnel suivi de très nombreux échanges avec la salle.

Le conférencier a commencé par rappeler que la loi instituant l’internement administratif pour les « indésirables étrangers » datait du 12 novembre 1938 et était l’œuvre de la 3ème République. Les premiers internés du camp de Rivesaltes ont été les Républicains espagnols de la Retirada, puis les Juifs arrêtés par le régime de Vichy et livrés aux Allemands en vue de leur déportation vers les camps d’extermination. A la Libération des soldats allemands prisonniers y ont fait un séjour puis, dans les années 60, de très nombreux Harkis qui avaient réussi à fuir l’Algérie y ont été « parqués » car, d’une certaine façon, la France ne savait qu’en faire. La sobre et puissante architecture du Mémorial ainsi que la qualité des photos et pièces historiques mises à la disposition du public nous ont fortement impressionnés, d’autant qu’une de nos adhérentes a pu nous dire avec pudeur et discrétion « sur cette photo c’est ma maman, qui était bénévole dans une association de secours aux internés juifs en 1942 ».

Après un repas fort honorable au « Bœuf en folie », nous sommes allés visiter le forteresse de Salses, voulue par les Rois Catholiques à la fin du 15ème siècle, afin de sécuriser la région, alors espagnole. L’impressionnante et complexe architecture militaire d’esprit médiéval, avait été prévue pour résister aux sièges et aux assauts avec l’artillerie de l’époque. Elle est encore marquée par les combats du 17ème siècle qui ont vu la victoire finale des Français en 1642. Les restaurations et ajouts ultérieurs faits à la demande de Vauban (1691) sont fort visibles du fait qu’ils sont en brique et non en pierre. La position avait cessé d’être stratégique après le traité des Pyrénées de 1659 qui avait redessiné les territoires. Voyez la belle photo du groupe prise par José Vinas.