Oui, la haine des juifs est un virus qui infecte le monde, et l’on ne peut pas être rassuré par les premières décisions du nouveau maire de New York, récusant la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la Mémoire de l’Holocauste, et retirant un décret interdisant le boycott d’Israël.
Les juifs ne sont plus à l’abri nulle part, surtout lorsque des chefs de gouvernement, par lâcheté ou par inconscience ne réagissent pas contre la multiplication des agressions antisémites, comme c’est le cas précisément en Australie. Dès le 9 octobre 2023, bien avant que la guerre ne commence à Gaza, une manifestation de soutien au Hamas fut organisée à Sydney, où l’on entendit des slogans tels que Fuck the Jews et Globalize the Intifada, que le Premier ministre ne s’en inquiète. Parmi les victimes tombées à Bondi Beach le 14 décembre, se trouve Alex Kleytman, originaire d’Ukraine, qui avait survécu à la Shoah ; il avait cru fuir définitivement l’Europe et ses démons en s’installant dans la lointaine Australie, longtemps très accueillante pour les juifs. Il a été rattrapé par la haine toujours vivante, par ce virus qui ne cesse de multiplier ses variants meurtriers.
Pourtant, un homme a su se dresser à Sydney pour arrêter les tueurs. Cet homme, un vendeur de fruits, Ahmed al Ahmed, est un musulman, originaire de Syrie. Il savait qu’il se trouvait devant une fête juive, que les cibles étaient des juifs. Cet homme est un Juste. Il a montré par son courage, par son abnégation, par le risque vital assumé pour sauver des vies juives, que tout n’est pas perdu.
Malgré l’inquiétude que nous partageons tous, cet acte est un message d’espoir pour 2026. Les perspectives en ce début d’année restent préoccupantes. Un vent de folie semble souffler sur la planète. Mais nous serons toujours portés par l’espérance d’un monde de paix, et par la volonté de nous tenir debout et de lutter ensemble, juifs, chrétiens et musulmans contre toutes les expressions de haine.
Jean-Dominique Durand




