Accueil > Menu > AJCF Nationale > Editoriaux de Jean-Dominique Durand, président et communiqués de l’AJCF > Editoriaux et communiqués 2025


Editoriaux et communiqués 2025


7 octobre 2023-7 octobre 2025

Éditorial de Jean-Dominique DURAND-Président de l’AJCF, Joël THIERRY- Secrétaire général de l’AJCF, Pascal de MENTQUE-Membre du comité directeur de l’AJCF

Le 7 octobre 2023, il y a deux ans, en ce jour saint de Shabbat et de Simhat Torah, les islamistes du mouvement Hamas se sont livrés à un massacre génocidaire d’une barbarie inouïe, en terre d’Israël, transformant ce jour de fête en jour de deuil.

Deux ans après, les fêtes de Tichri 5786 restent marquées par l’angoisse et l’attente de la libération des 48 otages, toujours aux mains des terroristes du Hamas et de leurs complices, et de la fin du calvaire des habitants de Gaza.

Deux ans après nous sommes dans le temps d’un deuil différé pour les otages assassinés dont les corps toujours retenus à Gaza n’ont pas été rendus à leur famille.

Depuis deux ans, nous sommes dans le temps de la mémoire des 1.188 morts, hommes, femmes, enfants, vieillards, massacrés après avoir subi des tortures, les femmes violées et éventrées.

Ce pogrom hante nos jours et nos nuits à jamais.

Ce temps de deuil différé et ce temps de mémoire portent le passé au présent et nous obligent pour l’avenir.

Zakhor al Tichkah « Souviens toi, n’oublie jamais »

Suite

16 juillet 1995 - 16 juillet 2025 : Il y a trente ans le discours de Jacques Chirac

Editorial de Jean-Dominique Durand, Président de l’AJCF
Le mois de juillet est marqué par le souvenir des grandes rafles de juifs de l’été 1942, à travers la France, et particulièrement à Paris les 16 et 17 juillet 1942. 13.152 personnes, de tous âges et de toutes conditions, furent arrêtées par la police française pour la seule raison qu’ils étaient juifs. Nous avons tous en mémoire les images terribles de ces alignements d’autobus de la RATP, réquisitionnés pour conduire ces malheureux au Vélodrome d’Hiver, le célèbre Vel d’Hiv. Ils y furent entassés dans des conditions atroces, avant d’être déportés à Auschwitz. « la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable », déclara le Président Jacques Chirac le 16 juillet 1995. Il rappelait aussi que la rafle fut, « le point de départ d’un vaste mouvement de résistance de nombreuses familles françaises, des Justes qui sauvèrent de nombreux juifs ». Ce discours fondamental, prononcé il y a exactement trente ans, fut une libération de l’esprit.
Oui, une libération de l’esprit. Pourquoi ? Pour deux raisons.
D’abord parce qu’un peuple ne peut pas bâtir son avenir sur des illusions ou sur des mensonges. La démocratie a besoin de vérité, même si elle est difficile à admettre et à vivre, car la vérité libère la vérité rend libre, et permet de regarder devant soi.

Suite

Après 738 jours : le temps de l’Espérance

Éditorial de Jean-Dominique Durand, président de l’AJCF
La fête de Simhat Torah 2023 reste pour toujours pour les juifs, un jour de deuil, le jour où les abominations de la Shoah sont revenues, cette fois sur la terre même d’Israël. 1188 morts, hommes, femmes, enfants, vieillards, massacrés après avoir subi des tortures, les femmes violées et éventrées. 251 otages razziés, enfermés dans des souterrains, torturés, affamés.

Simhat Torah 2025 a pu être une vraie fête, la fête de la joie de la Torah, avec la libération au bout de 738 jours de captivité dans des conditions abominables, des derniers otages.
Une fête, oui, mais ternie par le souvenir de ceux qui ne sont pas revenus vivants : 103 otages ont trouvé la mort dans les tunnels du Hamas à Gaza, certains des suites des mauvais traitements subis, d’autres froidement assassinés comme les enfants Bibas, Ariel 4 ans et Kfir 9 mois.

Et puis nous savons que la libération des otages ne signifie pas la paix. Le chemin sera encore long et difficile. Le Hamas ne désarme pas, et surtout, reste son idéologie mortifère. La paix ne l’intéresse pas. Il veut détruire l’État d’Israël et sur le modèle hitlérien, détruire le peuple juif, au mépris de toute vie humaine, y compris de la vie des Palestiniens. Reprenant pied dans la zone évacuée par l’armée israélienne, il a aussitôt repris ses exactions à l’encontre des Gazaouis, assassinats de personnes qualifiées de « collaborateurs » d’Israël.

Suite

Interdit aux Juifs ?

Editorial de Jean-Dominique Durand, Président de l’AJCF Septembre 2025

L’été 2025 restera dans l’histoire de l’antisémitisme comme un été de folie : y a-t-il eu un jour sans qu’un acte antisémite ne fût commis ?

Pas un jour de répit, en France et dans le monde.

Ce n’est plus un tsunami comme au lendemain du 7 octobre, mais un long cours, qui ne s’arrête pas. Une sorte de normalité s’installe, à laquelle les esprits s’habituent de plus en plus, avec toujours les mêmes mots de haine, les mêmes renversements des valeurs. Quelques exemples :
Des tags, « Tuez les juifs », et autres inscriptions haineuses sur des murs et même sur des voitures ;
Des agressions physiques de rabbins (Neuilly, Bad Homburg) et de personnes sortant d’une synagogue, et même de tous jeunes gens (Paris, Milan, Londres, Québec, Lyon...) ;

Des messages visant à faire peur, sur des plateaux de repas casher dans un avion, ou de la part d’un contrôleur aérien à l’encontre d’un pilote de la compagnie israélienne El Al ;
Du vandalisme à l’encontre d’entreprises juives (locaux d’El Al à Paris, commerces divers dans de nombreux pays) ;
Des profanations de lieux de mémoire comme le monument national de l’Holocauste à Ottawa ou la stèle des Enfants d’izieu à Paris, et le Mémorial de la Shoah à Lyon, une plaque en l’honneur des Justes à Villeurbanne ; plus ignoble encore, la destruction de l’olivier planté en 2011 à Épinay-sur-Seine en hommage à Ilan Halimi ;

Suite

Rencontre du Grand Rabbin Moché Lewin avec le Cardinal Pierbattista Pizzaballa

Communiqué de presse du Grand Rabbinat de France, Paris, le 24 juillet 2025

Suite

Le pape Léon XIV

L’Amitié Judéo-Chrétienne de France se réjouit avec ses amis catholiques de l’élection comme Pape, le 8 mai 2025, du cardinal américano-péruvien Robert Francie Prevost. Il a pris le nom de Léon XIV en référence au pape Léon XIII (1878-1903) qui fut notamment le pape du catholicisme social et du renouveau de la diplomatie pontificale au service de la paix.
Les premiers messages délivrés au monde par Léon XIV résonnent avec force pour l’AJCF engagée depuis plus de 75 dans le dialogue entre juifs et chrétiens. L’anniversaire des 60 ans de la Déclaration conciliaire Nostra Aetate sera certainement l’occasion en octobre prochain, d’un approfondissement de cette amitié.

Communiqué de Jean-Domique Durand, président de l’AJCF

Elu Pape le 8 mai 2025, 80 ans exactement après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le cardinal Robert Francis Prevost est le 267e pape de l’Église catholique romaine. Élu très rapidement, à l’issue de seulement quatre tours de scrutins, il a déjoué tous les pronostics et démenti toutes les rumeurs dans lesquelles les médias se complaisent tant, sur les complots, les réseaux et autres soi-disant secrets du Vatican. Les cardinaux ont su s’accorder très vite.

Un nom, un programme
En choisissant son nom de pontife, tout nouveau Pape entend s’inscrire dans une continuité et annonce une orientation majeure de son pontificat. Le cardinal Bergoglio avait choisi en 2013 le nom de François, un programme en soi. En devenant Léon XIV, le cardinal Prevost prend explicitement comme modèle Léon XIII qui a régné de 1878 à 1903. Celui-ci a marqué l’histoire de l’Église sur deux plans notamment.

Suite

Jean Dominique DURAND rend hommage au pape François

Le pape François est décédé au lendemain de la célébration de la Pâques chrétienne et de Pessah, unissant ainsi une dernière fois judaïsme et christianisme. L’Amitié Judéo-Chrétienne de France est en deuil, car il a incarné à bien des égards l’amitié entre juifs et chrétiens.

Bien entendu le pontificat de François long de douze années, ne se limite pas à la question des relations entre l’Église catholique et le judaïsme. Il venait de loin, « du bout du monde » a–t-il dit lui-même, de la lointaine Argentine. A une double « première fois » - premier pape latino-américain, premier pape jésuite de l’histoire - il ajoutait une troisième « première fois » : le choix de son nom de pontificat, François, qui claque à lui tout seul comme un message au monde.

Suite

Jean-Paul II, le Pape de l’approfondissement

Source : site du Vatican, photo d’écran

Editorial du mois d’avril 2025
Jean-Dominique Durand, Président de l’AJCF

Le 2 avril 2005, il y a vingt ans, le pape Jean-Paul II s’éteignait. Son long pontificat de plus de 26 ans a marqué profondément l’Église catholique mais pas seulement. Il ne s’agit pas ici de retracer son action déterminée dans de nombreux domaines. Je me contente, en forme d’hommage, de rappeler ce qu’il a dit et fait pour développer et approfondir la Déclaration conciliaire Nostra Aetate, pour la faire vivre concrètement. Ce texte majeur du Concile était pour le cardinal Karol Wojtyla qui faisait partie des Pères conciliaires, un point de départ.

Il est dans l’histoire, sans aucun doute l’un des évêques et le pape le plus sensible au judaïsme qu’il connaissait quasiment de l’intérieur. Il était né à Wadowice, petite ville de Galicie, où, en 1939, le quart de la population était juive. En 1945, il n’y avait plus qu’une dizaine de survivants, et les quatre synagogues avaient été détruites. L’un de ses plus chers amis était Jerzy Klüger, le fils du président de la Communauté juive. Prêtre du diocèse de Cracovie, puis archevêque, il rendait souvent à Auschwitz-Birkenau. La Shoah était pour lui un tourment. Tout au long de son pontificat, il a multiplié les déclarations et les gestes symboliques pour rapprocher les juifs et les chrétiens (1), dès son élection au trône pontifical. Le 17 novembre 1980, il déclara à la Communauté juive de Mayence, dans la synagogue :
« La première dimension de ce dialogue, c’est-à-dire la rencontre entre le peuple de Dieu de l’Ancienne Alliance, une Alliance qui n’a jamais été dénoncée par Dieu (Rm 11, 29), et le peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance, est en même temps un dialogue intérieur à notre Église, s’établissant pour ainsi dire entre la première et la deuxième partie de la Bible. »

Suite

Un Mémorial de la Shoah à Lyon

Éditorial de janvier 2025
Jean-Dominique Durand, Président de l’AJCF

Le quatre-vingtième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz a été marqué à Lyon par un événement particulièrement important : l’inauguration d’un Mémorial de la Shoah.

Ce monument occupe désormais une place incontournable dans le paysage urbain et dans le patrimoine lyonnais, au cœur de la ville, place Carnot, face à la gare Perrache d’où partaient les déportés pour Drancy puis vers les camps d’extermination.
Cette place est devenue l’un des cœurs mémoriels de la ville, avec une Borne de Verdun commémorant la Première Guerre mondiale, et le monument des Enfants d’Izieu raflés le 6 avril 1944, et déportés dès le 7 avril. La place comprend également une haute statue de bronze, représentant la République, érigée en 1889, pour le centenaire de la Révolution française, qui semble veiller sur la liberté de Lyon.

Suite

Lettre de l’Amitié Judéo-Chrétienne à ses amis juifs

A nos amis juifs,

Nous sommes tous, chrétiens et juifs, au sein de l’Amitié Judéo-Chrétienne, dans la souffrance et le désarroi. Les juifs subissent un déferlement de haine antisémite, déguisée en antisionisme, que rien ne semble pouvoir arrêter. Des chrétiens, sous couvert de sentiments humanistes et de solidarité avec le peuple palestinien désignent celui-ci comme l’incarnation même de la victime, victime notamment des Juifs.

Un vent mauvais souffle dans la presse dans son ensemble, y compris parfois hélas, dans la presse chrétienne. On y reprend sans distance ni critique, le point de vue du Hamas et d’autres organisations terroristes, relayé aussi par un certain parti politique en France.

En ce temps de l’Avent, à l’approche de Noël, des articles présentent l’Enfant Jésus comme « Palestinien » en lui déniant implicitement sa judaïté. S’il était né en 2022, n’aurait-il pas été massacré le 7 octobre 2023, ou bien ne serait-il pas aujourd’hui le compagnon de malheur du bébé Kfir Bibas, enlevé à neuf mois avec son frère Ariel âgé alors de quatre ans, otages à Gaza ?

Suite