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Réactions de Mgr Urlich, archevêque de Paris et de Haïm Korsia, Grand Rabbin de France, aux violences des 17 et 18 octobre derniers

Mgr Laurent Urlich, Archevêque de Paris : Nous avons peine à croire que la même ville qui a accueilli dans la joie et la concorde le pape Léon XIV a pu devenir, moins d’un mois plus tard, le théâtre des violences auxquelles nous avons assisté.
Haïm Korsia, Grand Rabbin de France  : La Bible nous enseigne, dans le texte de la Genèse que nous avons lu hier et parlant de Noé, que lorsque l’on assiste à une destruction, il faut pouvoir en tirer les leçons, afin de pouvoir reconstruire une société apaisée...

Mgr Laurent Urlich, archevêque de Paris, message du 19 octobre, diocèse de Paris
Au cours des derniers jours, et plus particulièrement ces samedi 17 et dimanche 18 octobre, notre ville de Paris a été comme défigurée par les violences qui s’y sont produites. Prenant le pas sur la manifestation légitime des inquiétudes de tant de nos concitoyens – au premier rang desquels les jeunes, préoccupés de leur avenir et désireux d’entrer le mieux possible dans les responsabilités de l’âge adulte – et rendant celle-ci invisible et inaudible, les scènes de ces affrontements et de ces pillages d’une violence extrême sont encore très présentes à nos esprits. Nous avons peine à croire que la même ville qui a accueilli dans la joie et la concorde le pape Léon XIV a pu devenir, moins d’un mois plus tard, le théâtre des violences auxquelles nous avons assisté.

Les conséquences de ce que nous avons vu sont lourdes et nombreuses : des personnes ont été blessées, parmi lesquelles de nombreux policiers et pompiers, des commerçants ont vu les efforts de toute une vie être arrachés de leurs mains, des journalistes ont été pris à partie, des habitants de Paris, des familles, des personnes âgées, ont craint de sortir de chez eux.

Je veux manifester mon soutien et ma prière, qui sont le soutien et la prière des catholiques de Paris, à tous ceux qui ont vécu les deux derniers jours comme un traumatisme, et inviter nos concitoyens à un sursaut : en aucun cas, sous aucun prétexte, la violence aveugle, qui blesse, vole, incendie, ne peut être une réponse légitime. Dans ce temps, il nous appartient comme catholiques, par notre engagement, le don de nous-mêmes, d’être des instruments de consolation, des artisans de paix et de compréhension mutuelle, de ne pas nous décourager, d’apporter le témoignage de notre espérance et de construire au milieu de nos frères un monde juste et fraternel.

Il nous appartient aussi, aujourd’hui comme dans les jours qui viennent, de redoubler d’ardeur dans notre prière pour notre pays, pour que la raison prévale et pour que se maintienne la paix sociale, qui préserve et reconstruit les liens entre les personnes, dont tous ont besoin pour vivre heureux ensemble.

Haïm Korsia, Grand Rabbin de France, message du 18 octobre 2026 (Facebook)
Les scènes de casse et de pillage qui ont accompagné les mobilisations d’hier, sont d’une gravité qui ne saurait être minimisée.
Les vols, les pillages, les vitrines brisées, les commerces dévastés, les bâtiments publics vandalisés et incendiés et en particulier les préfectures et les mairies qui sont nos maisons communes, ne sont pas les dommages collatéraux d’une mobilisation : ils sont des actes qui portent atteinte au travail, à la dignité et à la sécurité de celles et ceux qui les subissent.

Ils sont des agressions de la République.
Rien ne justifie que l’on détruise le bien d’autrui au nom de ses propres convictions ou de ses colères.

Aucune revendication, aucune colère, aucune mobilisation ne peut justifier que l’on se comporte de la sorte.
Le droit de manifester n’est pas un droit de saccager, la colère n’est pas un permis de piller, et aucune cause ne saurait servir de prétexte à la destruction.

Dans ces épreuves, nous sommes particulièrement reconnaissants aux forces de l’ordre et aux pompiers, qui ont su, dans des conditions extrêmes, ramener le calme et garantir la sécurité de tous.

Une République digne de ce nom doit protéger ceux qui travaillent, ceux qui prient et ceux qui vivent ensemble, sans que personne n’ait à craindre pour ses biens, sa sécurité ou sa liberté.

La Bible nous enseigne, dans le texte de la Genèse que nous avons lu hier et parlant de Noé, que lorsque l’on assiste à une destruction, il faut pouvoir en tirer les leçons, afin de pouvoir reconstruire une société apaisée.

A nous tous donc, de trouver les moyens du dialogue, afin de bâtir ensemble une réalité plus sereine.