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Victor Young Perez : le film

Un film romancé sur la vie du boxeur Victor Young Perez, juif né en Tunisie, champion du monde de boxe à 20 ans en 1931 et mort à Auschwitz en janvier 1945.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la presse n’est pas unanime !

A lire : Une critique pour le site de l’AJCF d’Anne-Marie Baron, critique de cinéma sur RCJ et pour le blog de l’école des lettres, le synopsis, une revue de presse et une tentative de synthèse en guise de conclusion.

Sorti le 20 novembre 2013 (1h50min)
Réalisé par Jacques Ouaniche
Avec Brahim Asloum, Steve Suissa, Isabella Orsini

 Victor « Young » Perez par Anne-Marie Baron

Le film Victor « Young » Perez, relève un triple défi, traiter deux sujets très abondamment visités, la boxe et la Shoah par un genre périmé, la reconstitution historique. Et il ne s’en tire pas trop mal, si l’on admet que le Young du film n’a pas grand-chose à voir avec le vrai Young Perez.

Plus producteur que réalisateur, Jacques Ouaniche n’a pas hésité à réécrire l’Histoire, en inventant des anecdotes, en envoyant à Auschwitz Benjamin, le frère du boxeur qui n’y a jamais été et surtout en surchargeant, en affadissant par le conformisme du politiquement correct l’évocation de la Hara de Tunis, où il montre des musulmans en chéchia qui ne pouvaient y être, les communautés étant assez fermées. Si l’évocation du Paris des années 30 et de l’Occupation est convenue, on relèvera quelques idées de mise en scène comme la succession des rings depuis le petit pré carré de Tunis jusqu’au ring d’Auschwitz, où a lieu un combat inhumain entre le boxeur à peine nourri et un gras Allemand. Sur le plan historique le film rappelle utilement que Perez était de nationalité tunisienne, ce qui, pour les Français des années 30-40, augmentait encore la confusion entre juifs et arabes. Jouant à fond sur l’émotion, Victor « Young » Perez réussit tout de même à accrocher son public grâce à Brahim Asloum et Steve Suissa, qui interprètent admirablement ces deux frères inséparables et aimants dont l’un est le « gardien » de l’autre.

Synopsis : Victor Young Perez, 136 combats, 91 victoires dont 27 par KO, Champion du monde des poids mouches, est sur le ring. En face de lui Kurtz, le soldat allemand ; 20 centimètres et 20 kilos de plus que lui. Autour de lui les cheminées des fours crématoires recrachent les cendres de ses camarades d’infortune. Et pourtant, encouragé par son frère Benjamin déporté lui aussi et par des milliers de regards muets, Victor, ce petit juif arabe, tiendra tête à ces monstres durant quinze rounds. Pendant l’enfer de ce combat, Victor verra défiler sa vie : Sa Jeunesse insouciante à Tunis avec Rachid, Maxo et Benjamin. Il y retrouvera l’amour avec la bellissime Mireille. Il revivra sa gloire et sa descente aux enfers, enfer bien agréable à côté de l’Indicible dans lequel les coups de Kurtz le ramèneront.

 Revue de presse

  • France 24 : À l’époque, c’était un Victor Perez, aujourd’hui, cela peut être un Brahim Asloum. Pour sa première expérience au cinéma, le retraité des rings, devenu acteur et consultant pour plusieurs médias, frappe fort. En un coup d’essai, il a sorti un immense champion des oubliettes de l’histoire : "C’est mon copain. J’aurais toujours une pensée pour Victor".
  • L’Express : Joliment mis en lumière, bénéficiant d’une reconstitution soignée, le film pâtit néanmoins d’une narration sans envergure, au mieux plate, au pire surlignée. Cela sent le travail, la passion... Manque juste le talent.
  • Le Journal du dimanche : Ce biopic vaut pour la présence de Brahim Asloum, qui défend sa partition honnêtement. Dommage que le scénario romanesque s’éternise sur la vie parisienne aux scènes assez convenue quand c’est à Auschwitz et après un combat livré en Allemagne à l’issue de la nuit de cristal que l’émotion jaillit et s’impose.
  • Le Monde : Si la démesure des moyens mis en œuvre nuit regrettablement et à la force émotionnelle du film, la sincérité d’intention parvient malgré tout à toucher, et la belle présence de Brahim Asloum vaut le coup d’œil.
  • Télé 7 Jours : Avec ou sans gants, doté d’une indéniable présence, ce novice prometteur met au tapis les maladresses de ce premier film
  • Télérama : Le film de Jacques Ouaniche, souvent maladroit et naïf, n’est que tire-larmes, malgré la performance attachante et sincère de Brahim Asloum.
  • La Croix : « Victor Young Perez », film raté sur un boxeur de légende

Plus ennuyeux, l’article de Maya Nahum dans Causeur et des commentaires de proches de déportés disant qu’il y a beaucoup de choses gênantes sur les camps (j’en attends d’autres).

En guise de conclusion : ce n’est pas un chef-d’œuvre mais un bon petit film, ce n’est pas un film sur la vraie vie de Victor Perez mais à partir de son histoire, il a donc le mérite de faire redécouvrir ce grand champion.
Et ce n’est pas un film historique, ni sur la vie en Tunisie ni sur Auschwitz. C’est peut-être aussi un bon film pour les amateurs de boxe et un bon premier rôle pour le sympathique Brahim Asloum, avec le symbole d’un musulman jouant le rôle d’un juif. Si vous allez le voir avec ces avertissements, vous passerez peut-être un bon moment.