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Martine de Sauto : Le Negro-spiritual et le Gospel

Martine de Sauto a consacré plusieurs articles dans le quotidien La Croix en mars 2014 sur ces deux types de chants chrétiens qui sont différents mais ont leur origine dans les communautés chrétiennes noires des USA.

Souvent confondus, le negro spiritual et le gospel reflètent pourtant deux situations et deux théologies.
Le negro spiritual manifeste une prédilection pour l’Ancien Testament alors que le mot gospel signifiant « évangile » en anglais, le gospel valorise le Nouveau Testament.

A lire : le dossier de Martine de Sauto, surtout consacré au Negro-spiritual, et à écouter Oh Happy Day et Go down Moses.

Les documents du journal La Croix sont reproduits avec l’accord du journal et de l’auteur des articles.

 Le Negro-spiritual et le Gospel

Souvent confondus, le negro spiritual et le gospel reflètent pourtant deux situations et deux théologies.

Le negro spiritual est né au temps de l’esclavage, entre 1760 et 1875, dans les zones rurales nord-américaines. Œuvre collective anonyme, il se situe au croisement d’une vision africaine du monde, d’une spiritualité empruntée aux « Réveils » blancs méthodistes ou baptistes, et de l’expérience de l’asservissement. Il manifeste une prédilection pour l’Ancien Testament : le Dieu tout-puissant va libérer son peuple dans l’histoire. Le nord des États-Unis commencera à s’y intéresser pendant la guerre de Sécession (1861-1865) et à le mettre par écrit. C’est alors qu’apparaîtra le mot même de negro spiritual. Il ne cessera d’évoluer, avec de nouveaux couplets, de nouveaux tons, interprétés a cappella. Des artistes et des chorales notamment noires américaines continuent de s’y consacrer.

Le gospel, hérité du combat des esclaves, est né dans les années 1870, dans les ghettos de grandes villes industrielles américaines. Il se situe à la jonction du chant d’Évangile blanc et du blues noir qui exprime la détresse de vivre en marge d’une société raciste. Les auteurs sont identifiés, tel Charles Albert Tindley (1851-1933), pasteur d’une église de Philadelphie, auteur notamment We Shall Overcome qui deviendra l’hymne de la marche pour les droits civiques de Martin Luther King en 1960. Le gospel valorise le Nouveau Testament et l’espérance individuelle au-delà de l’histoire. Il est très rythmé et a ses stars, ses ensembles nationaux et internationaux, ses chœurs souvent liés à des Églises évangéliques.

Source : La Croix, 29 mars 2014

 Gospel : Oh Happy Day - Aretha Franklin Feat : Mavis Staples HD

 Louis Armstrong - Go down Moses

Go Down, Moses
When Israel was in Egypt’s land, Let my people go.
Oppressed so hard they could not stand, Let my people go.
Chorus : Go down, Moses, Way down in Egypt’s land Tell old Pharaoh Let my people go.

Quand Israël était en terre d’Égypte, Laisse aller mon peuple
Si durement opprimé qu’il ne pouvait plus le supporter, Laisse aller mon peuple.
Refrain : Descends, Moïse, Loin en terre d’Égypte. Dis au vieux pharaon De laisser aller mon peuple. 

Go Down Moses a été le premier negro spiritual publié, d’abord en Virginie par le National Anti-Salvery Standard (12 octobre 1861) puis dans le New York Tribune (21 décembre 1861), au début de la guerre de Sécession, pour appuyer le dessein libérateur des gens du Nord. Il est le negro spiritual le plus connu et compte 25 couplets qui parcourent l’itinéraire de l’Exode. Le message de ce cantique de la liberté coulé en langage biblique était tellement limpide qu’il fut interdit de le chanter dans plusieurs plantations.

Les paroles complètes de Go Down Moses sur Wikipédia qui confond Gospel et Negro Spiritual !

Le negro spiritual, une autre manière de prier, par Martine de Sauto, La Croix du 29 mars 2014

Le negro spiritual, une autre manière de prier, par Martine de Sauto

Si le corps est prisonnier, l’âme est libre, par Martine de Sauto, La Croix du 29 mars 2014

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