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« Le Dernier des injustes », de Claude Lanzmann

Présentation, émission Répliques avec Claude lanzmann et liens vers deux critiques, juive et chrétienne.

Synopsis : 1975. A Rome, Claude Lanzmann filme Benjamin Murmelstein, le dernier Président du Conseil Juif du ghetto de Theresienstadt, seul "doyen des Juifs" à n’avoir pas été tué durant la guerre. Rabbin à Vienne, Murmelstein, après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne en 1938, lutta pied à pied avec Eichmann, semaine après semaine, durant sept années, réussissant à faire émigrer 121.000 juifs et à éviter la liquidation du ghetto.


2012. Claude Lanzmann à 87 ans, sans rien masquer du passage du temps sur les hommes, mais montrant la permanence incroyable des lieux, exhume et met en scène ces entretiens de Rome, en revenant à Theresienstadt, la ville « donnée aux juifs par Hitler », « ghetto modèle », ghetto mensonge élu par Adolf Eichmann pour leurrer le monde. On découvre la personnalité extraordinaire de Benjamin Murmelstein : doué d’une intelligence fascinante et d’un courage certain, d’une mémoire sans pareille, formidable conteur ironique, sardonique et vrai.

A travers ces 3 époques, de Nisko à Theresienstadt et de Vienne à Rome, le film éclaire comme jamais auparavant la genèse de la solution finale, démasque le vrai visage d’Eichmann et dévoile sans fard les contradictions sauvages des Conseils Juifs.

Claude Lanzmann dans Répliques sur France-Culture

Le 16 novembre 2013, Alain Finkielkraut recevait Claude Lanzmann pour parler de son film Le Dernier des injustes. Emission passionnante à télécharger pendant un an et à écouter en ligne pendant 1000 jours :

Répliques 16 11 201 Le Dernier des injustes

Critique par Anne-Marie Baron (spécialiste cinéma sur la radio juive RCJ) pour le site Ecole des lettres, le 15 novembre 2013

Le film de Claude Lanzmann Le Dernier des injustes concerne Benjamin Murmelstein – ainsi surnommé par lui-même d’après le titre du roman d’André Schwarz-Bart (Le dernier des justes), publié en juillet 1959 aux éditions du Seuil et Prix Goncourt –, placé par les nazis à la tête du conseil juif du camp de Theresienstadt pour exécuter leur plan d’extermination. Le cinéaste l’avait longuement interviewé à Rome, en 1975, au début du tournage de Shoah, mais n’avait pas utilisé les rushes, qui avaient été confiés aux archives du Musée de l’Holocauste à Washington. Quarante ans après le tournage initial de Shoah (1975) et trente ans après sa sortie (1985), après avoir montré l’évasion de Yehuda Lerner dans Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures (2001), après être revenu sur l’indifférence des Alliés, et en particulier de Roosevelt, dans Le Rapport Karski (2010), Lanzmann affronte, dans le Dernier des Injustes, la question si controversée de la collaboration. Et ce nouvel épisode revêt une importance toute particulière d’abord par sa remise en question historique, puis par le travail de mise en forme réalisé sur les documents existants.

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Critique par Arnaud Schwartz pour le journal La Croix, le 12 novembre 2013

"Le Dernier des injustes" : Benjamin Murmelstein à Theresienstadt

Claude Lanzmann revient, dans un long documentaire, sur la personnalité contestée de Benjamin Murmelstein, interviewé par le cinéaste, à Rome, en 1975.

Si Le Dernier des injustes est un film remarquable, c’est aussi parce qu’au-delà de tout, le spectateur ne peut rester insensible à la personnalité de Benjamin Murmelstein, dont Claude Lanzmann, question après question, tente d’appréhender toute la complexité. Vertigineuse entreprise visant à percer les mystères d’une existence, à s’approcher de la vérité d’un être confronté à l’impensable et finalement réhabilité par le cinéaste. « Notre échange d’aujourd’hui est un épilogue tardif à mes activités publiques de l’époque. » Ainsi l’ancien « doyen » amorçait-il le dialogue, trente ans après la fin de la guerre et quatorze ans avant sa mort, en 1989, sans jamais avoir pu se rendre en Israël.

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