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La remise du Prix annuel 2009 de l’AJCF à Armand Abécassis dans la presse

Après cette soirée très réussie qui a rassemblé plus de 300 personnes autour d’Armand Abécassis, de Madame le Pasteur Florence Taubmann, Présidente et du Comité directeur de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France le mardi 20 octobre 2009 à Paris, nous vous proposons de lire le Compte-rendu du CRIF ainsi que l’article de présentation paru dans La Croix.

A venir : un album-photos

 Compte-rendu du CRIF, 21/10/09


Armand Abécassis, lauréat du prix de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France

Mardi 20 octobre à Paris, le prix de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France a été remis au Professeur Armand Abécassis, membre de la Commission du CRIF chargée des relations avec le monde chrétien, par Hubert Heilbron, fondateur du prix. Crée en 1988, il récompense chaque année une personnalité juive ou chrétienne qui a œuvré pour le dialogue judéo-chrétien.

Armand Abécassis, professeur émérite de philosophie générale et de philosophie comparée à l’université de Bordeaux est un artisan du rapprochement entre juifs et chrétiens. Son engagement sur cette voie résulte d’une conviction : l’avenir du monde dépend de la réconciliation de l’église et de la synagogue. Le retour aux sources scripturaires et l’étude commune des textes, débarrassés de la violence et du mépris des siècles, sont une source d’inspiration et de pensée.

Parmi les personnalités présentes pour saluer l’oeuvre d’Armand Abécassis, se trouvaient notamment la présidente de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, le Pasteur Florence Taubmann, le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim, et le Père Jean Dujardin. Le CRIF était représente par Stéphanie Dassa.

« L’amitié, c’est l’art de partager un même monde » a souligné le Grand Rabbin de France, en citant la philosophe Hannah Arendt, propos qui ont fait écho à ceux du Pasteur Taubmann. La présidente de l’AJCF s’est réjouie du changement dans l’enseignement chrétien et plus encore qu’une « nuée de témoins veille sur le peuple juif et sur Israël. »

L’ouverture au dialogue impose de se débarrasser de l’ignorance et laisse place aux inévitables interrogations ainsi que l’a rappelé le Père Jean Dujardin en confiant à l’assistance que l’étude lumineuse d’Armand Abécassis a été pour lui « la leçon d’un maître » qu’il « devait entendre. »

 Article paru dans le journal La Croix, le 20 octobre 2009

Le dialogue « en amitié » d’Armand Abécassis
Ce soir, le philosophe juif chroniqueur à « La Croix » reçoit le prix de l’Amitié judéo-chrétienne de France 2009

Quand on lui demande ce qui l’a poussé à s’engager dans le dialogue judéo-chrétien, Armand Abécassis fronce les sourcils. « Difficile de donner un élément déclencheur ! », dit-il comme pour s’excuser, avant d’évoquer un souvenir de son enfance passée à Casablanca. Son père, expert comptable à la Compagnie des transports marocains (CTM), entretenait de bons rapports avec son patron, un « chrétien très fervent. Il venait déjeuner chez nous tous les samedis, c’était l’occasion de discussions profondes », se souvient le philosophe. Un échange entre les deux religions « qui doit remonter vingt siècles de préjugés et de violences des deux côtés » mais qu’il juge « fondamental et nécessaire ». Selon lui, juifs et chrétiens ont un rôle fondamental face à la crise spirituelle et morale de l’Occident. Malgré son enfance aux côtés des musulmans au Maroc, il insiste sur le dialogue judéo-chrétien. Pour une raison toute simple : « Juifs et chrétiens vivent dans le même appartement. L’islam, lui, habite dans un autre appartement. » Et cette proximité du judaïsme et du christianisme est à retrouver « quotidiennement, martèle-t-il, à l’exemple de ce que l’on vit à Davar ! »
Cette association de dialogue judéo-chrétien, tirée d’un mot signifiant « parole » en hébreu, est l’un des plus anciens engagements du philosophe. Avant même de créer Davar, en 1985, le P. Jacques Maigret, son fondateur, avait eu l’intuition d’enseigner l’hébreu aux prêtres. Petit à petit, les sessions d’hébreu se sont transformées en dialogue. « Le P. Maigret est venu me chercher à la fin d’un de mes cours sur le judaïsme. Il m’attendait en soutane, au premier rang de l’amphi », se souvient Armand Abécassis. C’était en 1971.
Depuis, le philosophe participe chaque été à la session organisée par Davar, « dans une atmosphère de proximité et d’amitié profonde, qui nous permet de nous dire des choses très dures et très franches mais on sait que la fraternité est plus forte », confie-t-il. Selon lui, si le dialogue se borne à des déclarations théologiques polies, il ne portera aucun fruit. Ainsi, à Davar, les participants prennent des textes en fonction d’un thème choisi. « On va donc beaucoup plus loin que de simples conférences : on confronte, on réfléchit ensemble ! », insiste-t-il. Après quarante ans de dialogue judéo-chrétien, Armand Abécassis reste optimiste. « Il n’y aura pas de retour en arrière, affirme-t-il, même si le travail est encore long ! » Ce soir, à la remise de son prix de l’Amitié judéo-chrétienne, il rappellera à la communauté juive qu’elle reste « en retard dans l’accueil des chrétiens, même si c’est normal après vingt siècles de souffrances ». A la communauté chrétienne, il recommandera donc la patience.

ANNA LATRON