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Hommage de Richard Prasquier à Sœur Louise-Marie Niesz et Sœur Dominique de La Maisonneuve (Prix AJCF 2012)

NB : Richard Prasquier, Président du CRIF (Conseil Représentatif des institutions juives de France) n’ayant pu se libérer, Stéphanie Dassa a lu son message.

Paris, le 15 octobre 2012

A Sœur Dominique de La Maisonneuve,
A Sœur Louise-Marie Niesz,

C’est peu dire que je regrette de ne pas pouvoir être présent à la remise du Prix de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France à Sœur Dominique de La Maisonneuve et à Sœur Louise-Marie Niesz. Ce 15 octobre à la même heure a lieu le Comité Directeur mensuel du CRIF. En raison des fêtes de Tichri qui ont déjà occasionné le report de plusieurs réunions et surtout en raison de l’actualité inquiétante qui est la nôtre actuellement, il n’était pas possible d’annuler ce Comité Directeur de notre Association.

Je sais que vous le comprendrez, et vous savez que par la pensée, je serai près de vous. S’il y a un nom d’organisation qui vient à l’esprit quand on pense à la transformation des relations entre Juifs et Chrétiens, c’est celui de Notre Dame de Sion et rien n’est plus significatif que de donner le Prix de l’AJCF à ses représentantes, à cette époque du cinquantième anniversaire de Vatican II et de Nostra Ætate. Le bilan des réalisations factuelles passe parfois sous silence ce qui est le plus important, c’est-à-dire la transformation des cœurs. Tant de choses ont l’air aujourd’hui d’aller de soi, en particulier le fait que Jésus et ses disciples ont été le membres d’un peuple juif alors bouillonnant de spiritualité et qu’ils en ont suivi les pratiques. La synagogue aux yeux bandés est devenue le lieu de prières des frères aînés dans la foi, selon la magnifique formule qu’a tant utilisée Jean-Paul II : au mépris a succédé le respect ; au dégoût a succédé l’affection.

Créée au XIXè siècle par des Juifs convertis pour aider les Juifs à franchir l’étape qui leur permettrait, suivant la conception chrétienne normale de l’époque, de passer de l’ombre à la lumière, Notre Dame de Sion avait tout pour générer l’hostilité de la part des Juifs qui gardaient dans leur mémoire collective le mal que les convertis avaient dans l’histoire fait à leurs anciens frères, par exemple lors de ces disputations du Moyen-Age, où leurs connaissances étaient retournées contre le peuple d’origine pour se faire mieux accepter dans le monde chrétien.

Le rôle que Notre Dame de Sion a joué pendant la guerre, à la pointe des réseaux chrétiens de sauvetage des Juifs, ne peut pas être oublié. Le rôle qu’elle a joué ultérieurement dans la création d’une interface religieuse amicale qui permette aux chrétiens de se pénétrer en profondeur de leur héritage juif est d’une importance exceptionnelle.

C’est ce rôle que jouent les récipiendaires du Prix de cette année avec énormément de compétence et énormément de force d’engagement, dans une affection au peuple juif qui n’a plus besoin de donner aucune preuve et dont témoigne chaque édition du bulletin du SIDIC. A toutes deux je veux dire mon amitié indéfectible.

Richard Prasquier , Président du CRIF