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24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi

Sortie du film : 30 avril 2014

« Un film pour ne pas oublier, pour laisser une trace »,
paroles du réalisateur Alexandre Arcady lors de la présentation de son film.

Un film qu’il faut voir pour ne pas oublier, comme le souhaite le réalisateur, et dire une fois encore, pour le peuple juif Zakhor, souviens-toi.

Une critique de Danielle Delmaire pour le site de l’AJCF

Pendant deux heures, le film remémore le calvaire subi par Ilan Halimi du 21 janvier 2006, jour de son enlèvement grâce à un appât (une jeune mineure qui l’attire dans un guet-apens), au 13 février 2006, jour de son décès suite aux tortures endurées lors de sa séquestration par « le gang des barbares », mené par Youssouf Fofana.

C’est un film choc qui veut frapper les spectateurs pour « partager le récit de Ruth Halimi », la maman d’Ilan, selon le réalisateur. En effet, Ruth Halimi a écrit, avec l’aide d’Émilie Frèche, le récit de ces trois semaines si douloureuses aussi pour la famille (les parents et les sœurs d’Ilan) : 24 jours, la vérité sur la mort d’Ilan Halimi, éditions du Seuil, Paris, 2009. C’est ce livre qui donne le scénario. Par ce film, « Ilan va rester dans nos mémoires » et « sa pauvre vie enlevée par la bêtise des hommes et d’écervelés » doit nous habiter (paroles d’Alexandre Arcady). La famille a donné son accord pour filmer le récit et Ruth Halimi a rencontré Syrus Shahidi qui interprète son fils.

On pouvait craindre un film violent mais fort heureusement les scènes de torture sont plus souvent suggérées : aucun voyeurisme, juste des preuves. Il n’empêche que certains plans restent peu soutenables : Ilan au visage entouré de scotch, le corps couvert de plaies, la scène finale où il vient mourir le long de la voie du RER. Les arrestations des membres du gang emplissent l’écran et la salle par les crissements des pneus des voitures de police, par le bruit des gyrophares, par la précipitation des événements. Le cynisme des barbares est constant et met en évidence la torture morale de la famille. La police est montrée avec ses faiblesses et ses illusions sur la nature du crime, sans doute telle que Ruth la percevait.

Outre Syrus Shahidi, deux autres acteurs retiennent notre attention : Zabou Breitman dans le rôle de Ruth, la mère d’Ilan, et Pascal Elbé dans celui du père. Tony Harrisson n’a certainement pas le beau rôle en jouant Youssouf Fofana et pourtant il joue une parfaite crapule.

Un film qu’il faut voir pour ne pas oublier, comme le souhaite le réalisateur, et dire une fois encore, pour le peuple juif, Zakhor.

Vue en avant-première par
Danielle Delmaire