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Elie Wiesel renvoie une décoration au gouvernement hongrois pour protester contre la réhabilitation d’anciens nazis


Le peu de nouvelles que nous avons de Hongrie sont inquiétantes : montée de l’extrême-droite et de l’antisémitisme.

Elie Wiesel, grand écrivain, prix Nobel de la paix et survivant de la Shoah, né en Roumanie mais issu d’une famille juive hongroise s’en inquiète et vient de faire un geste fort pour nous alerter.

Elie Wiesel renvoie une décoration au gouvernement hongrois pour protester contre la réhabilitation d’anciens nazis

par : AFP avec EJP le 21 juin 2012

BUDAPEST (AFP-EJP)---Le prix Nobel de la paix et survivant de l’Holocauste Elie Wiesel a renvoyé une décoration au gouvernement hongrois de Viktor Orban pour dénoncer la réhabilitation d’anciens nazis en Hongrie, sur fonds d’incidents à répétition dans le pays illustrant une montée de l’antisémitisme.

"Je suis inquiet et scandalisé par le fait que vous ayez participé, aux côtés du secrétaire d’État pour la culture, Geza Szöcs, et du président du parti d’extrême droite Jobbik, Gabor Vona, à la cérémonie organisée pour (l’écrivain) Jozsef Nyiro qui était membre de la direction des "Croix fléchées", écrit Elie Wiesel dans une lettre au président du parlement hongrois Laszlo Kover, publiée mardi.
Ce dernier est membre du parti au pouvoir, le Fidesz du Premier ministre conservateur Viktor Orban.
Le parti des Croix fléchées, qui a dirigé la Hongrie à partir d’octobre 1944, est responsable de la mort de dizaines de milliers de Juifs hongrois, selon des historiens.
Pour sa part, le gouvernement hongrois a fait savoir qu’il considérait "l’affaire Nyiro" comme "non politique", s’agissant seulement d’une "question de dernier hommage".
Elie Wiesel, 83 ans, déplore aussi l’inclusion d’auteurs connus pour leur soutien au fascisme dans les programmes scolaires et la récente renaissance d’un culte de Miklos Horthy (1868-1957), ancien régent de la Hongrie de 1920 à 1944 et allié de la dictature nazie.
"J’ai déjà demandé à vos collègues en 2009 de faire plus pour faire taire les voix antisémites dans la presse et la vie publique hongroises », souligne-t-il.
"Il est de plus en plus clair que les autorités hongroises cherchent à effacer les épisodes criminels et tragiques du passé de la Hongrie, c’est-à-dire l’implication des gouvernements hongrois, pendant la guerre, dans la déportation et le meurtre de centaines de milliers de citoyens juifs", écrit le prix Nobel.
"Pour cette raison, je vous renvoie ma décoration, la Grand-Croix de la République hongroise, que j’ai reçue en 2004", conclut-il.

Au cours des derniers mois, des sculptures en l’honneur de l’amiral Horthy ont été installées dans plusieurs localités hongroises et des jardins publics portent maintenant son nom.
Tombé finalement en disgrâce auprès d’Adolf Hitler, Horthy avait été limogé en 1944 par les nazis qui avaient installé au pouvoir Ferenc Szalasi (1897-1946), le dirigeant du parti nazi des Croix fléchées. Sous la régence de Horthy-Szalasi, des lois anti-juives avaient été adoptées dès les années vingt et plus particulièrement en 1938. Au total, plus de 500.000 Hongrois d’origine juive ont été victimes de l’Holocauste.
La renaissance d’un culte Horthy, initié par le parti d’extrême-droite Jobbik, va de pair avec une multiplication d’incidents à caractère antisémite ces derniers mois dans le pays.
En janvier, le pianiste hongrois Andras Schiff, vivant aux Etats-Unis, a annulé tous ses concerts en Hongrie, après s’être vu traiter de "salaud de juif" sur l’internet.

En mars, l’écrivain hongrois d’origine juive Akos Kertész, âgé de 80 ans, a quitté son pays pour le Canada, où il a demandé l’asile politique. M. Kertesz, lauréat de la plus prestigieuse distinction littéraire en Hongrie, le prix Kossuth, s’est plaint d’avoir été harcelé par des membres du milieu de l’extrême droite et des proches du gouvernement de Budapest.

Début mai, l’Association des communautés juives hongroises Mazsihisz a porté plainte pour discrimination raciale à l’encontre d’un acteur hongrois, Jozsef Szekhelyi, qui aurait été tenu à l’écart d’un festival culturel à cause de ses origines.
Sur une bande sonore, accessible sur internet, d’une réunion du conseil municipal de la ville d’Eger (nord-est) l’an dernier, l’un des conseillers de la ville avait déclaré : "Szekhelyi ne peut pas venir ici, car c’est un sale juif (...)".

Enfin il y a quinze jours, l’ancien rabbin principal du pays, Jozsef Schweitzer, 90 ans, a été insulté en pleine rue. "Je déteste tous les juifs", lui a lancé un passant. Le gouvernement hongrois avait toutefois clairement dénoncé cette attaque verbale, de même que les Églises traditionnelles.

Selon le Mémorial de l’Holocauste de Budapest, entre 500.000 et 600.000 Juifs hongrois ont péri pendant la guerre, la plupart dans des camps de concentration après l’occupation du pays par les Allemands en mars 1944.


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