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"Artisans de paix" - Mars 2016

« #Tous unis contre la haine » c’est aussi la volonté de refuser la peur mauvaise conseillère, tout particulièrement après les derniers attentats tant à Bruxelles qu’à Lahore. Et « les voix de la paix » sont bien souvent celles des femmes…

 S’unir pour combattre la haine

- #TousUniscontrelaHaine : une campagne choc pour lutter contre le racisme
Lancée par le gouvernement cette campagne veut dénoncer les préjugés et provoquer une prise de conscience. « Le racisme, l’antisémitisme, les actes antimusulmans, ça commence par des mots, ça finit par des crachats, des coups, du sang ». C’est sur ce message que se terminent six vidéos mettant en scène des agressions racistes ou antisémites.

- Tous unis contre les discriminations
Éduquer est le moyen fondamental de fortifier l’ouverture d’esprit et l’engagement civique afin que les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ne décorent pas seulement le fronton de nos monuments, mais soient aussi des valeurs en acte engageant l’ensemble de la communauté nationale.

Pour les enseignants : des ressources pour prévenir, éduquer et agir avec le réseau Canopé.

Et même encore de l’humour avec un bus pour rire contre le racisme place de la République à Paris avec l’association Remem’beur.

Un sportif en première ligne du combat contre le racisme : Lilian Thuram à Rennes, pour lancer le projet « Être humain vivre ensemble ». Pour lui, « l’être humain est un être conditionné, c’est pourquoi il est important, très tôt de développer la liberté de penser chez les jeunes ».

Les villes ne sont pas en reste avec la campagne des « Maires unis contre l’antisémitisme ». C’est notamment le cas de Montpellier.

Et aussi à l’étranger, le maire d’Athènes signe une déclaration contre l’antisémitisme. Pour lui, « la première valeur dans une société civilisée est la dignité humaine ».

- Lutter contre les haines passe par une meilleure connaissance du religieux

Le vivre ensemble dépend de l’investissement de chacun dans une politique d’interconnaissance des traditions religieuses et culturelles des uns et des autres. La tolérance et la paix sociale sont à ce prix.

- À Toulouse, une conférence pour favoriser le dialogue interreligieux
L’objectif : continuer à mieux se connaître dans le dialogue et le respect, aussi bien les religions entre elles que les religions avec le reste du monde ; et surtout que ce dialogue fasse grandir la fraternité.

- Rencontre « inter-convictionnelle » à la Mairie de Paris
"Ce qui nous rassemble, musulmans, juifs, chrétiens, bouddhistes, agnostiques ou athées, est notre lien à la République et à la laïcité".

- Clichés, insultes et bagarres : réconcilier musulmans et juifs à l’école
C’est un des objectifs du projet Aladin, porté par la fondation pour la mémoire de la Shoah.
voir aussi www.projetaladin.org

- Après les attentats, « résister à la tentation de la simplification
Pour Tarek Oubrou, grand imam de Bordeaux « résister c’est faire entrer de la nuance dans nos esprits. »
« La résistance intellectuelle, théologique, herméneutique est centrale. Il faut refuser de succomber à la paresse qui consiste à essentialiser les religions, éviter la facilité de mettre tout le monde dans des cases, initier notre esprit à la complexité. »
« Le terrorisme consacre la défaite de la raison. »
« C’est le littéralisme qui aboutit à la violence terroriste. »

- Les citoyens ont la parole

Une consultation numérique « Égalité, citoyenneté : participez ! ». Cette opération vise à nourrir la réflexion du comité interministériel Égalité et Citoyenneté (CIEC) prévu pour le 13 avril 2016, puis les échanges sur le projet de loi qui sera débattu au Parlement en juin 2016.

 Les femmes en première ligne pour la paix

- Les voix de la paix : le manifeste des femmes pour la paix

Catholique, juive, musulmane, bouddhiste, laïque, la voix des femmes s’élève pour que les textes de leurs traditions religieuses ne deviennent pas les armes du fanatisme mais des espaces de débat et de questionnement.
« Je suis une voix de la paix parce que je sais que tous les humains sont mes semblables : ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous différencie »…
« Je suis une voix de la paix parce que je trouve que la vie est toujours plus forte que la mort »…
« Je suis une voix de la paix parce que le spectacle de ces femmes, de ces hommes et de ces enfants jetés sur les routes pour fuir la guerre et la violence qu’elle engendre m’est intolérable »…
Car « quand la guerre sera l’affaire des femmes, elle s’appellera la paix »…

- OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) : impliquer les femmes pour la construction de la paix

Une intervention du représentant du Saint Siège à l’occasion de la journée internationale de la femme.
Le rôle des femmes dans la paix et la sécurité est « une contribution essentielle à tous nos efforts pour épargner à notre monde de nouveaux fléaux de guerre et de violence. » Lutter contre les préjugés et les stéréotypes, affirmer l’égalité ontologique en dignité et en droits entre les hommes et les femmes dans tous les secteurs juridiques, culturels et sociaux, c’est promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes.

- Le « don spécial » des femmes pour la résolution des conflits en Afrique
Une appréciation des initiatives en direction des femmes promues par le conseil de sécurité de l’ONU soulignée par le représentant permanent du Saint Siège.
Le don des femmes est « crucial pour la résolution des conflits et pour la promotion de la réconciliation après le conflit ». Il est aussi « vital » « dans la diplomatie préventive, dans la médiation, dans le processus de construction et de maintien de la paix. »

- Contre la radicalisation, le combat d’une femme : Latifa Ibn Ziaten
Depuis quatre ans Latifa Ibn Ziaten a fait de la lutte contre la radicalisation son combat. Inlassablement, la mère du sergent chef Imad Ibn Ziaten, premier mort de l’attentat de Toulouse, va à la rencontre des jeunes et des scolaires en France et en Europe pour écouter, sensibiliser, alerter et dialoguer avec celles et ceux qui pourraient être confrontés au phénomène de la radicalisation religieuse.

Latifa Ibn Ziaten a été décorée de la Légion d’honneur vendredi par le président François Hollande, quatre ans jour pour jour après la mort de son fils Imad.

À Tel Aviv, Latifa a rencontré des familles endeuillées par le terrorisme. « Il faut avoir la capacité à dépasser la colère et à puiser sa force dans l’amour du prochain. »

À Washington, Latifa a reçu le Prix international Femme de courage, récompense américaine pour honorer des femmes à travers le monde qui font preuve de courage, de détermination pour les droits de l’Homme, l’égalité homme-femme et les avancées sociales. 

 À la recherche du bien commun

- « Faire ensemble » tel est le projet de la Confédération générale de l’industrie italienne (Cofindustria)
Il s’agit, pour les entrepreneurs, de contribuer à une société plus juste et plus proche des besoins de l’homme.
Reçus par le pape François, celui-ci proposait : « Que le bien commun soit la boussole qui oriente l’activité productive, afin que croisse une économie de tous et pour tous qui ne fasse pas ‘attendre le regard d’un indigent’ ».

- Pour en finir avec la dette des pays en voie de développement
Une intervention du Saint Siège au Conseil des droits de l’homme à Genève

L’interdépendance entre les pays devrait stimuler un concept nouveau et plus large de solidarité qui respecte l’égale dignité de tous les peuples, plutôt que de conduire à la domination par les plus forts, à l’égoïsme national, aux inégalités et aux injustices.
Des efforts devraient être entrepris pour :
- promouvoir les prêts et emprunts responsables ;
- empêcher à la fois l’évasion fiscale des entreprises et les sorties de fonds illicites en provenance des pays débiteurs,
- créer un processus de résolution de la dette internationale équitable et transparent.

- ONU : deux libertés fondamentales à articuler : liberté de religion et liberté d’expression
De la mission permanente du Saint Siège à l’ONU, à Genève
Ces libertés, comme pour tous les droits, doivent être comprises dans le cadre du caractère universel et indépendant de tous les droits humains fondamentaux, sans discrimination et dans le respect réciproque des convictions et des opinions de chacun.

- LICRA : le discours d’Alain Jakubowicz au dîner républicain à l’occasion du 48e congrès de la LICRA
En rappelant les principes de la LICRA : indépendance, volonté de dialogue et fraternité, son président en a souligné les objectifs : combattre toutes les formes de racisme sans exception par le dialogue et le travail de terrain, empêcher la contamination les esprits, vivre la fraternité avec toutes les victimes de la haine de l’autre, en particulier les réfugiés. Et, citant Umberto Eco : « Le problème, ce n’est pas d’être touché par la différence. C’est de s’éduquer à son acceptation . »

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 L’Europe à l’épreuve de ses valeurs fondatrices

Dans un grand moment de désamour pour l’Europe, il peut être bon de rappeler ce qu’en disait Vaclav Havel reçu au Sénat en 1999. « l’Europe ne sera faite ni par les technocrates, ni les gouvernements seuls, mais par les citoyens européens. C’est autour de l’idée de responsabilité universelle, non pas cette fois sous la forme des croisades, de la colonisation, ou de l’imposition d’un modèle culturel unique, que l’Europe peut trouver sa raison d’être. »

- Non, l’espoir ne manque pas d’avenir !
À lire : le dernier ouvrage de Monique Atlan et Roger-Pol Droit « L’espoir a-t-il un avenir ? » (Flammarion). Si l’espoir a bien une histoire que les auteurs racontent dans une première partie, l’espoir contemporain n’est sans doute pas qu’un rêve, lui qui fait tellement partie de l’homme…

 Les religions en dialogue

- Guy Benarousse, le « cauchemar » des terroristes
Victime de l’attentat de la rue des Rosiers en 1982, ce rabbin intervient aujourd’hui auprès des détenus radicalisés dans l’espoir de « démonter les préjugés ».

- Deux institutions juive et musulmane collaborent
Antisémitisme, islamophobie, abattage rituel… les dirigeants du Consistoire et du CFCM vont échanger sur un certain nombre de thèmes.

Et les deux institutions vont travailler ensemble dans la durée.

- Un rabbin veut que les chrétiens connaissent le judaïsme et que les juifs connaissent le christianisme
Le rabbin Evan Moffic veut que les chrétiens et les juifs voient Jésus comme faisant partie d’une tradition vivante, moins axée sur la théologie, et plus soucieuse de vivre dans ce monde.

- Etats-Unis : une délégation interreligieuse et œcuménique rencontre le pape
Les épisodes de violence et de racisme que les États-Unis viennent de vivre ont eu un effet paradoxal : relancer le dialogue et l’unité entre les croyants de différentes religions.

- Des Orthodoxes demandent pardon à l’Église grecque-catholique ukrainienne
Il s’agit pour eux de reconnaître les événements du 10 mars 1946 où l’Église Orthodoxe de Russie a intégré de force l’Église grecque-catholique ukrainienne en son sein sous la pression du pouvoir soviétique.

- Entre juifs et chrétiens, aucune querelle d’héritage selon le cardinal Koch
Deux façons de lire la Bible en dialogue : « Sans l’Ancien testament, le Nouveau Testament serait un livre indéchiffrable. […] Sans l’Ancien Testament, le christianisme serait comme une plante sans racines vouée à se dessécher »…